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Lettre ouverte : Préparons ensemble « l’après Covid »

Le plan national de déconfinement vient tout juste d’être annoncé par le Premier ministre et les axes autour desquels il s’articulera ont été précisés.  Toutefois, on le sait, l’Etat ne pourra pas tout faire et les solutions ne seront pas uniquement financières (Europe, Etat, Régions, Départements, Communes).

Aussi est-il indispensable que les collectivités locales soient au cœur de la relance économique de leurs territoires, territoires dont ils connaissent les spécificités, les atouts comme les points faibles. Pour cela, il faudra être très ingénieux et faire les vrais bons choix.

A crise inédite, propositions inédites.

Ainsi, à ces acteurs en première ligne, il serait judicieux d’associer pour préparer la construction de cet « après », d’autres acteurs, ces « forces visibles ou invisibles » que sont les chambres consulaires, les corps intermédiaires, les relais sanitaires, les associations, les socio-professionnels, les cercles de réflexion et surtout les citoyens.

Réflexion, concertation, pédagogie, adaptabilité seront indispensables pour mener à bien cette difficile mise en place de « l’après Covid » et ce dès maintenant, en cette phase d’allégement progressif du confinement. La réflexion et les actions devront se faire de manière transversale et non verticale. La réussite pérenne de cette reconstruction ne pourra exister qu’à ces conditions.

En outre, cette crise sera l’occasion de voir comment agiront les gouvernants territoriaux avec une autre contrainte liée à un agenda électoral serré (Elections municipale et sénatoriale) dont on ne sait aujourd’hui s’il sera maintenu.

Proposition de co-construction

Cette proposition repose sur la question suivante : pourquoi ne pas mettre en place un Grand débat départemental et territorial pour proposer aux citoyens d’apporter leurs contributions, leurs réflexions pour construire ensemble « l’après Covid » sur la base de thématiques telles que : l’environnement, le tourisme, la santé, l’éducation, l’industrie, l’agriculture et l’élevage, les nouvelles formes d’organisation du travail, la culture, etc…

Cette proposition est aisée à mettre en place. Ainsi, avec quelques-uns en 2018, nous avons lancé une enquête publique à Lourdes sur le thème de la redynamisation du centre à laquelle, pour mémoire, ont participé plus de 700 personnes dont les contributions étaient intéressantes. Les supports pourraient donc être de même nature : réseaux sociaux, presse, consultations, propositions, témoignages en ligne auxquels pourraient venir s’ajouter des débats via des outils de visio-réunions. Le temps de confinement ayant aiguisé l’esprit contributif et favorisé l’acquisition d’une agilité numérique nouvelle.

Ces contributions citoyennes pourraient venir enrichir les travaux des binômes maires-préfet et des partenaires issus d’autres organes de gouvernance territoriale.

« L’après Covid » doit se construire ensemble avec tous les acteurs d’un territoire. Qui, si ce n’est les habitants, connaît le mieux son cadre de vie ?

Marie-Agnès Staricky, Présidente de l’association « Rebâtir Ensemble Le Meilleur » – Lourdes le 2 mai 2020

Copie à : Madame la Présidente de la région Occitanie, Monsieur le Préfet, Monsieur le Président du Conseil départemental, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Mesdames et Messieurs les Présidents des Communautés de communes, Mesdames et Messieurs les Maires des Hautes-Pyrénées.

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Le Petit Journal – Cov’aid 65 ou l’intelligence collective au service des soignants

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Article de Jean-Philippe Argacha publié le 26/04/2020

https://www.lepetitjournal.net/65-hautes-pyrenees/2020/04/26/marie-agnes-staricky-lintelligence-collective-au-service-des-soignants/

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Lourdes – Marie-Agnès Staricky : l’intelligence collective au service des soignants

Tout a commencé par un échange spontané entre deux collègues : Sylvie Phlippoteau (Directrice déléguée du Centre Hospitalier de Lourdes) et Thierry Lavit (soignant) au sujet de la pénurie de surblouses jetables. Ensuite, l’idée a été validée par Christophe Bouriat (Directeur général des groupes hospitaliers des Hautes-Pyrénées) et tout est allé très vite. Une semaine plus tard, plus de 2 000 surblouses étaient réalisées. Cov’aid65 c’est cela mais bien plus encore.

Cov’aid65 – la solidarité « work in progress ».

Aux premiers pas a fait place une organisation bien huilée. Les points « collecte » réalisent désormais des kits prêts à l’emploi, les couturières (près de 200) rivalisent de créativité et de rapidité.

Cov’aid65 – un modèle de solidarité et d’inclusion

La solidarité c’est jouer collectif, agir la main dans la main. C’est être les uns avec les autres, les uns pour les autres. C’est aussi l’addition de tous les possibles où les barrières sociales, physiques, générationnelles, culturelles, cultuelles et politiques n’existent plus.

Cov’aid65 – l’intelligence collective au service des soignants

Des maires des quatre coins du département organisent des tournées de collecte, mettent à disposition des locaux, etc. Un architecte a délaissé ses plans pour réaliser des patrons, des ambulanciers convoient fournitures et surblouses, un étudiant coupe des draps, les plus jeunes apportent également leur contribution, une vieille dame désolée de ne plus pouvoir coudre offre des chocolats pour les équipes. On assiste à une véritable mutualisation des moyens et des services.

Tout le monde met la main à la pâte. Mais comme dans toutes recettes réussies, il y a le petit truc, l’ingrédient secret : la sincérité de l’engagement individuel arrosé de bonne humeur.

La preuve que d’un mal peut naître un bien : un formidable modèle de solidarité départementale.

JPA

 

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Les municipales, des élections infectées par le Covid-19 Un calendrier bouleversé, des fondamentaux ébranlés et des institutions impactées.

Les municipales, des élections infectées par le Covid-19

Un calendrier bouleversé, des fondamentaux ébranlés

 et des institutions impactées.

 

Une semaine après un premier tour controversé, la Commission mixte paritaire a établi un nouveau calendrier électoral envisageant un second tour fin juin.

Peu après, la porte-parole du Gouvernement annonçait en filigrane, que si, pour des raisons sanitaires, la date du 21 juin ne pouvait être retenue, alors le Parlement redéfinirait un calendrier électoral pour les villes en suspens pour refaire les premier et second tours. Par contre, rien ne changerait pour les villes (près de 30 000) dont les maires ont été élus au premier tour.

De son côté, le Conseil d’État avait déjà relevé que « si la crise persiste » au point de « contraindre à prolonger les mesures d’urgence sanitaire » et de « rendre impossible l’organisation du deuxième tour avant l’été », alors « il appartiendra aux pouvoirs publics de reprendre l’ensemble des opérations électorales dans les communes où les conseils municipaux sont incomplets ».

Aujourd’hui, le dé-confinement et non la fin du confinement est prévu pour le 11 mai. Certaines activités ne devraient pas reprendre avant mi-juillet. Il semble que l’on s’oriente vers un report du scrutin à l’automne (fin septembre pour l’Association des Maires de France), certains allant jusqu’à évoquer mars 2021.

Si un tel report était confirmé, l’annulation pure et simple du premier tour de scrutin pour plus de 4 000 communes ne sera pas sans conséquence. La Constitution n’a évidemment jamais prévu une telle situation. Quid des principes d’égalité, de sincérité des élections et de légitimité des élus ? A noter que le Conseil constitutionnel n’a pas pu donner son avis. Aussi les questionnements sont nombreux.

D’aucuns pourraient estimer que le suffrage universel a été bafoué. Comment justifier que, pour certains citoyens, le vote soit validé et pour d’autres non ?

En outre, le calendrier électoral devra être modifié. Les élections sénatoriales en septembre ne pourront pas se tenir dans la mesure où le corps électoral (les élus locaux) ne sera pas élu avant l’été.

En termes de communication politique, un report des élections en octobre pourrait avoir pour effet de montrer aux citoyens qu’aujourd’hui le Président et l’exécutif ont bien une attitude responsable en anticipant. En effet, l’incapacité à anticiper est peut-être le reproche le plus prégnant qui a été fait depuis le début de la crise sanitaire.

Un report au printemps prochain ? En même temps que les départementales, à l’automne les sénatoriales et en fin d’année les régionales ? Ces élections pourraient alors être un véritable vote-sanction non sans risque à un an de la présidentielle.

Et les candidats dans tout ça ?  Un report pourrait être une aubaine ou une malédiction.

D’aucuns auront le temps de tirer les leçons du premier tour et espérer transformer l’essai en revoyant leur copie, remaniant leur équipe, en faisant éventuellement des alliances, espérer que le maire sortant gère mal la crise, etc.

D’aucuns repartiront-ils ? Faire une nouvelle pause dans sa vie privée, professionnelle pas si facile. Et que dire du point de vue financier pour les candidats qui ne voient pas leurs frais de campagne remboursés ?

Aujourd’hui, nous ne pouvons que nous baser sur la loi d’urgence du 22 mars comme vient de le rappeler le Premier ministre. Affaire à suivre…

Marie-Agnès Staricky, le 23 avril 2020

ACTUALITÉS & ÉVÈNEMENTS, Brève du jour

Brève du jour – Covid-19 et économie

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Préambule

Les outils actuels de l’Insee n’étant peu ou pas adaptés pour les habituelles notes de conjoncture, l’Insee a décidé de mettre en place un dispositif ad hoc de suivi de conjoncture pour mesurer l’activité.

Quelles sont ces sources nouvelles permettant des analyses nouvelles ?

  • Les analyses à un niveau sectoriel ;
  • Les transactions par carte bancaire ;
  • Les données sur la consommation d’énergie (RTE, ENEDIS) ;
  • La Banque de France.

Fin avril, les premières estimations des comptes trimestriels de T1 seront publiées.

Les estimations

  • Données pour le mois de mars 2020

En mars, chute de 1/3 de l’activité. La baisse reflète plutôt les craintes du pré-confinement.

Il faut ajouter que les données relatives au mois de mars ne peuvent pas servir de base pour les estimations dans la mesure où seule la seconde moitié du mois correspond à une période de confinement.

Il n’est pas encore possible de capter la baisse de moral des chefs d’entreprises pour le mois de mars (il faudra attendre les données du mois d’avril même si elles sont sans surprise).

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Quelques chiffres :

36 % de perte d’activité soit 42 % du PIB marchand hors loyer soit une baisse de :

  • 10 % pour l’activité agricole ;
  • 50 % pour l’industrie (sauf agro-alimentaire) ;
  • 22 % pour les services non marchands ;
  • 52 % pour les services marchands.

Au-delà de ces estimations agrégées, une analyse plus fine est effectuée par glissement. On compare une journée de mars 2020 avec la même journée N-1, N-2, etc…

Premier constat, les transactions par carte bancaire se sont effondrées, idem pour les magasins de textile.

Les ventes à distance qui ont permis le maintien d’une certaine activité ont également été désagrégées (- 20 %). Il est à noter que les transactions moyennes tendent à augmenter mais elles sont moins fréquentes. Ainsi, on va moins souvent au supermarché mais on achète un plus gros volume.

36 % de perte d’activité c’est 12 points du PIB annuel en moins. Mais les prévisions sont très difficiles car tout dépend des données sanitaires et de la durée du confinement. Pour mémoire, le choc de la crise de 2008-2009 était largement moindre.

Le coût de cette crise sera supporté par les pouvoirs publics, les entreprises mais aussi les particuliers.

Les impacts par secteurs

  • Les régions

Actuellement, l’Insee travaille à la mise en place d’un outil permettant de faire des estimations de différenciation par région pour tenir compte des données régionales spécifiques.

  • Le secteur public non marchand

L’impact de la crise sur le secteur public et non marchand (par rapport au secteur privé) est plus difficile car l’administration est évaluée à partir de ses coûts.

  • Les importations VS exportations

Aucune donnée pour le mois de mars (fermeture des frontières à la mi-mars).

  • Le pouvoir d’achat des ménages

A ce jour pas d’analyse précise mais une probable forte remontée de l’épargne.

  • Les faillites

On en mesurera assez bien le nombre en fin d’année mais pas le poids.

Le confinement : un premier bilan, les premières analyses

Il est très difficile de dresser un bilan de l’impact de la crise Covid-19 et des mesures de confinement, seules sont possibles des estimations pour permettre de construire des scenarios en ayant conscience des incertitudes. Face à la crise sanitaire, une réponse brutale : le confinement. Le confinement qui empêche les ménages de consommer et les salariés d’aller travailler.

Le confinement représente une baisse de 2,6 points du PIB par mois soit :

  • 60 Md €/mois ou 2 Md € /jour
  • 30 % du PIB mensuel (70 % par un canal de demandes / 30 % par un canal d’offres)

Aujourd’hui, on assiste à un véritable arrêt de l’économie, il y a donc peu de choses à faire pour la relancer car il y a impossibilité de produire et impossibilité de consommer. Aussi, faut-il essayer de limiter les dégâts en socialisant les revenus qui ne sont pas distribués.

Sur 60 Md € de perte :

  • 30 Md € sont pris en charge par l’administration et les pouvoirs publics : baisse et report des charges, le chômage partiel (à hauteur de 12 Md) ;
  • 5 Md € perdus par les ménages (indépendants, pertes de revenus, etc.) ;
  • 25 Md € sur le compte des entreprises couverts à court terme par les reports de charges sociales et fiscales

En ce qui concerne le soutien à court terme de la trésorerie (report de charges), le transfert de ces reports ne pourra se faire qu’au cas par cas au regard de la règle de l’égalité devant l’impôt. En effet, il faut rappeler que malgré tout, 50 % de l’économie fonctionne toujours, des mesures générales ne pourront donc pas exister pour respecter l’équité.

Scenarios de « l’après »

Il est important de rappeler que le déconfinement n’est pas la fin du confinement. Quelles en seront les conséquences ? Que se passera-t-il à l’étranger car, à l’évidence cela aura un impact sur l’économie française. Comment faire avec les effets induits ?

Face à toutes ces incertitudes, il est nécessaire d’anticiper sur les bases des estimations et des études fournies par l’Insee et d’autres indicateurs tels que Eurostat, l’OCDE, etc…

Epargne des ménages

On estime une augmentation de 2 % /mois de confinement. Cette épargne pourrait être la clé pour le rebond mais une partie de cette épargne peut aussi se transformer en une épargne de précaution.

Investissement des entreprises

Le déconfinement va-t-il être prudent ou au contraire les investissements vont-ils augmenter pour adapter l’outil de travail ? La demande des ménages peut changer et provoquer un effet d’aubaine pour certains secteurs.

On a pu assister à une certaine prise de conscience mais il est indéniable qu’il sera indispensable de mettre en œuvre les recettes keynésiennes.

Comment éponger la dette ?

Aujourd’hui, l’augmentation des dettes est de l’ordre de 10 à 15 points du PIB pour les pays européens. Si cette estimation est avérée, c’est moins grave qu’en 2008.

Les moyens peuvent être :

  • faire des économies de dépenses ;
  • la répression financière (inflation et/ou taux d’intérêt bas) ;
  • l’annulation des dettes (mais personne ne se risquera dans cette aventure au risque de provoquer un effondrement de l’économie) ;
  • vivre avec les dettes (mais cela oblige à faire de la répression financière pour toujours).

Attendons de découvrir les données qui seront publiées au 30 avril par l’Insee pour affiner un peu plus les analyses et les scénarios possibles.

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Bonus

https://www.insee.fr/fr/accueil

https://ec.europa.eu/eurostat/fr/data/database

 

 

 

 

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Elections municipales – un déroulement infecté par le Covid-19

Alors que le calendrier venait tout juste d’être précisé par la Commission mixte paritaire du 22 mars, à savoir, pour mémoire et de manière succincte :

  • Au plus tard le 27 mai : fixation de la date du second tour ;
  • Au plus tard le 2 juin : dépôt des listes de candidatures pour le second tour ;
  • Soit le 21 juin pour le second tour du scrutin.

Or, hier, 1er avril, Sibeth Ndiaye, porte-parole du Gouvernement annonçait en filigrane dans son compte rendu de la réunion du Conseil des ministres, que si, pour des raisons sanitaires, la date du 21 juin ne pouvait être retenue, alors le Parlement redéfinirait un calendrier électoral pour les villes en suspens pour refaire les premier et second tours. Par contre, rien ne changerait pour les villes (près de 30 000) dont les maires ont été élus au premier tour. Et ce n’était pas un poisson d’avril !  Car cette annonce, même si elle est passée inaperçue pour certains, a été reprise par certains quotidiens nationaux dont Le Monde, dans son article consacré au projet d’ordonnance du ministre de l’Intérieur, cf. le lien infra :

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/01/ce-que-prevoit-l-ordonnance-presentee-par-castaner-pour-le-second-tour-des-municipales_6035208_823448.html

D’ailleurs, le Conseil d’État avait déjà relevé que « si la crise persiste » au point de « contraindre à prolonger les mesures d’urgence sanitaire » et de « rendre impossible l’organisation du deuxième tour avant l’été », alors « il appartiendra aux pouvoirs publics de reprendre l’ensemble des opérations électorales dans les communes où les conseils municipaux sont incomplets ».

Or, il semble bien que l’on s’oriente vers un report du scrutin au mois d’octobre.

Aujourd’hui, le président de la République doit rencontrer le président de l’Assemblée nationale, et celui du Sénat. Au même moment, le Premier ministre rencontrera les représentants des partis politiques et il y a fort à parier que le sujet des municipales s’invitera au menu des discussions.

Si ce report éventuel devait devenir effectif, l’annulation pure et simple du premier tour de scrutin pour plus de 4 000 communes ne sera pas sans conséquence et n’est pas sans soulever des questions de toutes natures (démocratique, politique, financière, humaine, etc…).

Un calendrier bouleversé, des fondamentaux ébranlés et des institutions impactées.

  • Le volet démocratique

Une question simple : comment justifier que le vote des citoyens dans certains communes soit validé (maires élus au premier tour) alors que pour certaines, le choix des citoyens pour le premier tour soit purement et simplement annulé donc leur vote invalidé ?

Peut-être serait-il plus sage d’annuler les résultats dans leur globalité, en quelques mots, remettre les compteurs à zéro pour tous les candidats ? Cela aurait du sens et serait démocratiquement équitable.

  • Le volet constitutionnel 

Dans le cas d’élections à refaire à l’automne, des modifications constitutionnelles plus larges seront à prévoir.

En outre, les élections sénatoriales qui doivent avoir lieu en septembre, ne pourront pas se tenir. En effet, le corps électoral qui pour mémoire est formé par les élus locaux, ne sera pas élu avant l’été. Or, cette élection concerne le renouvellement de la moitié de la (178 sièges) du Sénat.

  • Le volet politique

Quant à la majorité présidentielle son enjeu politique est multiple. Un report des élections en octobre aura pour effet de prouver aux citoyens qu’aujourd’hui le Président et l’exécutif ont bien une attitude responsable en anticipant. En effet, l’incapacité à anticiper est peut-être le reproche le plus prégnant qui leur a été fait depuis le début de la crise sanitaire.

Mais, aujourd’hui, à un moment où, dans l’opinion publique, la cote du président de la République et celle du Premier ministre remontent de manière sensible. Les conseillers politiques espèrent qu’un scrutin à l’automne permettra à la majorité d’obtenir de meilleurs scores qu’au printemps ? Un pari politique qui a n’en pas douté, même au cœur d’une crise sanitaire et humaine sans précédent, a forcément été évoqué par moult conseillers et politologues avertis.

  • Les volets financier et humain

Une élection a un coût, certes, aujourd’hui au cœur de la lutte menée contre le Covid-19, c’est aspect peut paraître dérisoire mais il existe indéniablement.

Pour certains candidats (communes de plus de 9 000 habitants), les frais de campagne sont remboursés dans la limite d’un plafond qui varie selon le nombre d’électeurs. Par contre, pour d’autres, une majorité, ces frais de campagne sont entièrement du candidat et de son équipe.

Si une nouvelle campagne devait avoir lieu, certains candidats pourraient peut-être ne pas avoir les moyens de repartir pour deux tours ?

Ensuite, il est indéniable qu’un report à l’automne pourra avoir raison de l’engagement de certains candidats et de leurs colistiers qui avaient déjà fait une pause dans leur vie personnelle et professionnelle pour se consacrer à la campagne. Repartiront-ils à l’automne ?

D’aucuns pourtant pourraient penser qu’un report à l’automne est une aubaine. Cela leur donnerait du temps pour revoir leur copie, leur stratégie et même leur équipe ou encore des alliances « ante-scrutin » si le coup d’essai du printemps n’avait pas été à la hauteur de leur espérance.

Avant de poursuivre une réflexion plus aboutie, attendons de connaître les résultats des rencontres de ce jour entre le chef de l’Etat, les présidents des deux chambres d’une part, le Premier ministre et les chefs des partis d’autre part.

Aujourd’hui, nous devons raison garder, notre priorité doit être celle de l’unité. Nous ne gagnerons cette guerre contre le virus qu’en étant unis, responsables et solidaires.

Marie-Agnès Staricky,

Lourdes, le 2 avril 2020

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La crise sanitaire, une crise salutaire ?

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La crise sanitaire, une crise salutaire ?

 

« Nous gagnerons, mais cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent. Ne nous laissons pas impressionner. Agissons avec force mais retenons cela : le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. »

Emmanuel Macron, Adresse à la Nation du 16 mars 2020

A n’en pas douter, cette crise n’est pas seulement une crise sanitaire, c’est aussi et surtout une crise de modèle de société. Le Covid-19 laissera des traces, soyons-en assurés. Il faudra, le temps venu, faire un constat et tirer les conséquences de cette mutation sociale, économique et politique.

Laissons passer le temps de l’urgence médicale qui nécessite que nous soyons tous solidaires, unis et responsables. Mais mettons à profit cette période de confinement pour nous interroger, de manière sincère et profonde, comme cela nous est proposé dans le cadre de retraites spirituelles, de séminaires d’entreprises, etc…, et remettons-nous en question. Profitons de cette cure de désintoxication imposée pour dresser un constat et interrogeons-nous sur les limites de notre société car demain, tout devra prendre un sens renouvelé.

La crise sanitaire actuelle sera-t-elle une occasion à saisir pour oser changer nos modèles et retrouver le sens des choses ? Saura-t-elle être véritablement salutaire ?

Une crise, c’est quoi ?

Le mot crise a un double sens qui tient de son étymologie. Du latin « crisis » qui signifie : la manifestation violente et brutale d’une maladie et du grec « krisis » : la nécessité de discerner et de faire un choix, en un mot de décider.

Le Covid-19 : un virus bien réel

Cette crise sanitaire qui, en début d’année, nous paraissait être une lointaine réalité est devenue rapidement une réalité immédiate. En effet, sur le plan psychologique, la population n’était pas préparée à cet événement de type catastrophique « cela ne nous concerne pas », « la Chine c’est loin », « cela ne peut pas nous arriver ».

Pour faire simple, tous les acteurs ont sous-estimé la gravité de ce virus qui a contaminé non seulement les êtres humains, mais aussi également notre système économique, politique, social qui était déjà bien souffrant.

Nous qui pensions faire partie des mieux armés pour mener cette guerre contre le Covid-19, nous nous sommes vite aperçus que nous avions été dans l’incapacité de faire ou de réagir dans les délais, nous n’avons pas su faire preuve de raisonnement rationnel et de discernement des priorités. En effet, les citoyens auraient souhaité que les autorités réagissent dans le bon ordre et dans le bon timing.

Aujourd’hui, nous pouvons d’ores et déjà faire le constat d’un manque réel d’anticipation pour gérer une telle crise. Peut-être faudrait-il, à l’image des entreprises qui préparent des scénarii de crises avec des dispositifs temporaires en attendant la sortie de crise ou encore à l’image du plan ORSEC et de ses dispositions spécifiques (notamment en matière sanitaire) et surtout identifier un référent de crise.

Ainsi on se rend compte également, que même dans un scénario de crise tel que celui que nous connaissons, la majorité des entreprises en France n’était pas prête pour le télétravail, contrairement à certains de nos voisins européens. Cette remarque est également valable pour le système éducatif. En effet, dans ce domaine aussi nous n’avons pas su anticiper. Et pourtant nous avons les connaissances, les outils et les moyens humains pour mettre en place le travail via l’outil digital.

On s’aperçoit que les messages d’alerte, les consignes concernant les barrières de sécurité et le confinement sont difficilement respectés par les citoyens. Les comportements frôlent l’hystérie quand on voit la « razzia » qui est faite dans certains rayons des magasins d’alimentation, quand on sait les vols de matériels (masques, etc…) qui ont lieu dans des établissements de santé, que nous n’avons jamais vu autant de joggeurs dans les rues, etc…

Et pourtant, dans un premier temps, pour limiter la propagation du virus en attendant que la recherche (une collaboration internationale existe dans ce domaine) ait trouvé des traitements (préventifs et curatifs), il est indispensable de respecter les consignes, notamment de confinement, quand notre activité professionnelle le permet.

En outre, l’annonce d’un éventuel traitement efficace par le professeur Raoult risque de créer une pression qui à son tour peut créer une panique liée à la peur de ne pas pouvoir bénéficier de ce remède.

D’aucuns réclament une position plus ferme, voire plus radicale du président de la République et du Gouvernement, d’aucuns refusent les règles. Rappelons que le rôle des politiques est de ne pas céder à la pression mais nous, jusqu’où sommes-nous capables de renoncer à nos droits et à nos libertés pour lutter contre cette épidémie ?

Aujourd’hui, le temps est donné en priorité aux soins et à la recherche médicale, mais d’ici peu, le temps sera venu de trouver également des remèdes efficaces pour, ensuite, venir au chevet de notre société et la remettre sur pied.

Un mal, des maux

Dans un premier temps, la crise sanitaire liée au Covid-19 a révélé au grand jour que nous étions dans l’incapacité de prendre des décisions communes dans l’intérêt général. Et pourtant, comme cela a été dit précédemment, il s’agit là de l’essence même du mot crise.

En effet, sans être des experts, force est de constater que cette épidémie est révélatrice de la grande fragilité de notre société basée sur un système capitaliste mondialisé et dont on voit aujourd’hui les grandes limites. Notre modèle semble indéniablement inefficace en cas de crise comme celle que nous vivons actuellement.

Malgré notre système de protection sociale, notre système de santé publique, réputés pour être parmi les plus performants au monde, le virus du Covid-19 est un véritable amplificateur d’inégalités. Cette épidémie a des effets démographiquement et socialement sélectifs. En effet, ce sont encore et toujours, les plus fragiles, les plus vulnérables qui sont le plus touchés.

Du point de vue de l’industrie, rien n’a pu être fait de manière rapide et organisée pour faire face au manque de masques, de gel hydro-alcoolique, de révélateurs pour les tests de dépistages, etc… Seuls quelques grands groupes (L’Oréal, LVMH, Air Liquide, etc…) et quelques entreprises ont pris des initiatives et modifié leurs lignes de production. Mais à qui la faute si les entreprises n’ont pas été plus nombreuses à s’investir dans la reconversion de leur production ?

Aujourd’hui, il n’existe plus de véritable ministère de l’Industrie. De ce fait, il n’existe plus de service ou de structure auprès desquels les industriels auraient pu se rapprocher pour obtenir les spécifications techniques indispensables pour fabriquer tel ou tel matériel. Le potentiel de reconversion est cependant fondamental « en temps de guerre ». Et s’il est un domaine où on ne peut pas improviser, c’est bien celui de la santé. 

En conclusion, il est indéniable qu’il existe un manque de visibilité sur les leviers à actionner en cas de crise. Aussi, la crise sanitaire passée, faudra-t-il peut-être revoir notre copie en ce qui concerne l’organisation même de l’Etat et de ses services.

Un virus et ses conséquences

La crise des Gilets Jaunes avait donné naissance au Grand Débat National, la crise liée au Covid-19 devra prolonger ce débat et l’étendre aux fondamentaux de notre système de société car elle a mis au jour les faiblesses de notre système économique, politique, sanitaire et social. Aussi, forts des impasses révélées, préparons le changement.

En outre, étant donné la méfiance qui existe envers les « sachants », les élus et les institutions, c’est à nous, à notre niveau, en notre qualité de citoyen lambda mais impliqué dans la vie publique, de faire fi des habitudes et de continuer à aller à contre-courant.

Nous venons de nous apercevoir que le capitalisme n’est pas viable sans un service public fort, mais nous devons aller au-delà. Notre vie doit retrouver du sens et nous devons repenser de manière radicale notre manière de produire et de consommer, nous devons transformer de manière drastique notre socialisation, nous devons revoir le paradigme économique et politique, chasser le superflu, retrouver le sens de la vie et protéger son environnement.

Nous sommes à un moment charnière de basculement dans un nouveau monde géopolitique et il y aura beaucoup à faire.

Lorsque tout sera enfin derrière nous, le temps sera venu de dresser un bilan des réussites et des erreurs voire des échecs des uns et des autres. Mais ce bilan ne pourra être fait qu’en toute objectivité et bonne foi, en mettant de côté ses ambitions personnelles. Et après le diagnostic, penser à ce qui doit être modifié de manière sensible ou radicale dans notre système sanitaire, économique, social, commercial, et même au niveau de nos règles juridiques ainsi que l’ensemble de notre législation (Code du travail, Code de commerce, …). Faisons-le à la manière des progressistes dont le devoir est de partir de la réalité pour mieux la changer.

Dans notre Histoire, le printemps semble être une période propice aux changements, la période du renouveau par excellence. Le « Printemps des peuples », le « Printemps de Pékin », les « Printemps arabes », etc… Faisons de ce printemps 2020 une analyse objective, tirons-en les leçons et repensons nos modèles et osons replacer l’humain au cœur de nos sociétés.

Et pourquoi ne pas entreprendre un « grand nettoyage de printemps » pour épousseter l’intégralité de notre modèle de société et demander plus de transparence entre les interlocuteurs.  Repenser, entre autre, notre système de santé, ce grand corps malade bloqué par une vision du soin qui, aujourd’hui, nous montre que nous avons fait fausse route, ce que confirme le président de la République : « L’engagement que je prends ce soir pour eux et pour la nation toute entière c’est qu’à l’issue de cette crise un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières sera construit pour notre hôpital. C’est ce que nous leur devons, c’est ce que nous devons à la Nation. Cette réponse sera profonde et dans la durée. » (Emmanuel Macron, Mulhouse le 25 mars 2020).

Poursuivons-ce qu’avait lancé Emmanuel Macron au printemps 2016 avec le mouvement « En Marche ! », replaçons le citoyen au cœur de la vie publique, changeons les pratiques, les usages et les visages de la politique. Un projet qui, avec l’exercice du pouvoir et à force de composer, s’est éloigné de ses objectifs en retombant dans les ornières de la « vieille politique ». Renouvelons nos modèles. Un programme audacieux certes, mais aujourd’hui indispensable. Le Covid-19 aura au moins eu le bénéfice de cette prise de conscience : il est indispensable de repenser de fond en comble notre société.

Nous prônons aujourd’hui une éthique de modération : facile à dire aujourd’hui mais, une fois la crise passée, serons-nous capables de modifier nos comportements, nos modes de vie ?

Faisons ensemble de cette crise sanitaire, une crise salutaire.

Marie-Agnès Staricky, citoyenne engagée

 Lourdes, le 27 mars 2020

ACTUALITÉS & ÉVÈNEMENTS, Tout ce qu'il faut savoir

Tout ce qu’il faut savoir – La loi « Engagement et Proximité » Unité, proximité et rassemblement (Partie 8/8)

Marianne

La loi « Engagement et Proximité »

Unité, proximité et rassemblement (Partie 8/8)

Notre chronique touche à sa fin. Dans cette dernière partie, nous allons poursuivre l’étude des nouveautés apportées par cette loi, en particulier avec un volet concernant les pouvoirs de police du maire, un volet consacré à la commune et enfin au nouveau mode de gouvernance qui est proposé avec le Pacte de gouvernance et la conférence des maires.

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Renforcer les pouvoirs de police du maire et simplifier ses démarches

Jusqu’à présent les maires disposaient du pouvoir d’interdiction sans pouvoir de sanction.

Ils pourront désormais agir directement en établissant des amendes administratives sur certains sujets qui concernent la vie de sa commune, à savoir :

  • contrôle du respect des règles de sécurité par les établissements recevant du public ;
  • répression des constructions irrégulières et d’incivilités et comportements troublant la sécurité publique.

Les maires pourront également prononcer des astreintes en cas de non-respect des arrêtés sur les règles en matière d’urbanisme.

Ils pourront assortir la mise en demeure de mise en conformité d’une astreinte fixée à 500 euros par jour de retard.

De nombreuses mesures ont également été adoptées pour simplifier et fluidifier le quotidien des maires.

Ainsi, le Préfet pourra délivrer un rescrit au maire pour le sécuriser dans sa prise de décision, possibilité pour le maire de célébrer les mariages dans une annexe de la mairie, information immédiate des maires par le Préfet en cas d’activation du système d’alerte et information population, etc.

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Redonner sa juste place à la commune

L’objectif essentiel étant de retisser un lien de confiance entre les communes et les intercommunalités en mettant en place un nouveau mode de gouvernance.

C’est pourquoi cette loi tente de rééquilibrer le rôle des communes et des maires au sein des EPCI.

Pour cela, elle rend facultative la révision des schémas départementaux de coopération intercommunale, prévue en mars 2022 par la loi NOTRe. Elle facilite la modification des périmètres des intercommunalités en autorisant les communautés de communes et d’agglomération à se scinder en un ou plusieurs EPCI. Elle prévoit également d’étendre la procédure de retrait dérogatoire permettant à une commune de se retirer d’une communauté de communes pour rejoindre un autre EPCI aux communautés d’agglomération.

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Le Pacte de gouvernance

Un certain nombre de maires considèrent aujourd’hui que leur place n’est pas suffisamment reconnue au sein des organes délibérants.

C’est pourquoi sera instauré le « Pacte de gouvernance ». Il s’agit d’un véritable pacte de confiance entre les communes et leur intercommunalité afin qu’elles établissent ensemble les modalités de répartition et d’exercice des compétences locales.

Le Pacte de gouvernance permettra notamment de déterminer les modalités d’association, de coordination et de mutualisation avec les communes. Ils devront obligatoirement être soumis pour avis aux Conseils municipaux.

Grâce à l’adoption d’un tel pacte, un conseil des maires peut être institué. A noter qu’il était jusqu’ici obligatoire uniquement pour les métropoles. Les maires peuvent, en outre, recevoir des délégations de signature afin d’engager certaines dépenses d’entretien courant d’infrastructures ou de bâtiments communautaires ou bénéficier d’une autorité fonctionnelle sur les services communautaires installés sur leur commune.

Le transfert des compétences sera également assoupli pour mieux s’adapter aux spécificités des territoires. Comme par exemple pour préserver les organisations territoriales qui fonctionnent par délégation aux communes tels que l’exercice de la compétence eau et assainissement afin de rendre aux communes touristiques la compétence « promotion touristique ».

S’agissant certaines compétences comme celles de l’eau et de l’assainissement, celles-ci sont transférées au niveau intercommunal en 2020 et, en 2026, pour les communautés de communes. Des garanties sont toutefois apportées aux communes, qui pourront se voir plus facilement déléguer l’exercice de ces compétences. De la même manière, la gestion des offices du tourisme et des stations classées peut revenir au niveau communal. Cette disposition est particulièrement intéressante pour une ville telle que Lourdes.

Concernant l’eau et l’assainissement, la loi Ferrand du 3 août 2018, déjà venue assouplir la loi NOTRe, serait modifiée pour faciliter encore davantage les reports de transfert de ces deux compétences et une possibilité de délégation de l’EPCI à la commune serait offerte (article 5).

En outre, les communes stations classées de tourisme membres d’une communauté de communes ou d’agglomération, qui avait déjà bénéficié d’une dérogation au transfert de la compétence promotion du tourisme en décembre 2016 pourraient, selon les termes du projet de loi, « retrouver » l’exercice de la compétence, par délibération (article 6, qui prévoit en outre une déconcentration de la décision de classement des stations classées de tourisme).

Enfin, concernant le PLU, l’article 7 du projet de loi, sans prévoir un retour ou une délégation de la compétence aux communes, envisage une présence renforcée des communes membres (avis en cas de prescription d’un plan de secteur sur leur territoire, adoption du projet de PLU aux deux tiers du conseil communautaire en cas d’avis défavorable de la commune notamment).

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La Conférence des maires

Dans ce nouveau mode de gouvernance est instaurée la Conférence des maires , instance de dialogue privilégiée et directe entre les maires et les Présidents des EPCI pour renforcer la place des maires dans l’intercommunalité.

La création d’une Conférence des maires est obligatoire dans tous les EPCI à fiscalité propre sauf lorsque le Bureau de l’EPCI est déjà composé de l’ensemble des maires des communes membres. Ses avis sont transmis à l’ensemble des conseillers municipaux.

Par ailleurs, de nouvelles communautés pourront être créées par scission d’une communauté de communes ou d’une communauté d’agglomération existante tout en respectant les seuils démographiques. Le poids des communes au sein des Commissions départementales de coopération intercommunale(CDCI) est porté à 50 % des sièges.

Enfin, il sera possible aux EPCI de très grandes tailles de se scinder (sous réserve de l’accord d’au moins les 2/3 des conseillers municipaux des communes concernées) afin de retrouver un périmètre à « taille humaine ».

Notre chronique s’achève aujourd’hui. Nous espérons avoir répondu à vos interrogations.

A la crise de la chose publique que nous rencontrons sur l’ensemble des territoires, cette loi dont les piliers fondamentaux : unité, proximité et rassemblement pourraient bien former un triptyque gagnant pour faire réussir notre pays et la pluralité de ses territoires.

La semaine prochaine, nous vous proposerons l’étude d’un autre mode de scrutin qui viendra compléter notre cycle consacré aux élections. Depuis, la création de REMLourdes nous avons étudié les élections présidentielles, législatives, sénatoriales, européennes et municipales. 2021 sera l’année des départementales et des régionales, aussi nous a-t-il semblé intéressant de compléter notre cycle en nous penchant sur les élections départementales anciennement élections cantonales.

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BONUS

https://www.gouvernement.fr/partage/11044-declaration-de-politique-generale-d-edouard-philippe-premier-ministre

https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1986/86208DC.htm

https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2010/2010618DC.htm

https://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do?idDocument=JORFDOLE000038776979&type=general&typeLoi=proj&legislature=15

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000039681877&categorieLien=id

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000039681877&dateTexte=20200104

https://www.amf.asso.fr/documents-observatoire-la-democratie-proximite-amf-cevipofsciencespo/39533

ACTUALITÉS & ÉVÈNEMENTS, Articles

Communiqué de presse du 20 mars 2020 – Civisme, Unité, Solidarité !

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Civisme, Unité, Solidarité !

 

La crise sanitaire que nous traversons est d’une gravité exceptionnelle. Le président de la République l’a très clairement exprimé lundi soir : le seul moyen d’enrayer l’épidémie de Covid-19 qui nous frappe actuellement est de « Rester chez nous ».

La campagne pour les élections municipales est suspendue depuis lundi dernier. Aujourd’hui, l’heure est à l’unité et aux sens des responsabilités pour lutter ensemble contre ce fléau qu’est le Covid-19 et non aux traditionnels marchandages de l’entre-deux tours.

Aussi, est-il désormais indispensable de nous plier à cette consigne inédite de confinement nécessaire pour protéger l’ensemble de la population. Personne n’est à l’abri, c’est pourquoi, nous devons tous « Rester chez nous ». Sachons être des citoyens responsables, nous le devons aussi à l’ensemble de nos soignants.

Je sais la contrainte que cela peut représenter. Nous la partageons.

Cette crise n’est pas seulement une crise sanitaire, c’est aussi et surtout une crise de modèle de société. Le Covid-19 laissera des traces, soyons-en assurés. Il faudra, le temps venu, faire un constat et tirer les conséquences de cette mutation sociale, économique et politique.

Mais aujourd’hui, ensemble, soyons solidaires et pour reprendre les propos du chef de l’Etat :

« Hissons-nous collectivement et individuellement à la hauteur du moment »

Prenez-soin de vous et « Restez chez vous ».

Amitiés républicaines,

Marie-Agnès Staricky, citoyenne engagée.