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Tout ce qu’il faut savoir – La presse et les médias (1/4)

Repenser – libérer – réconcilier – protéger

1ère partie

Liberté des médias : une lente et inaboutie conquête

 Apparition de la presse libre

Le premier et plus ancien des médias est la presse. Aujourd’hui quand on parle de presse écrite, on parle de tous les moyens, de tous les supports de diffusion de l’information écrite : les quotidiens, les hebdomadaires, les périodiques, les revues spécialisées, etc. Le terme « presse » vient du fait que pour imprimer on utilisait une presse d’imprimerie qui pressait les feuilles de papier.

Les premiers journaux, les nouvelles, étaient manuscrites, le plus souvent de simples feuilles volantes, plus ou moins clandestines. En 1450, l’invention par Gutenberg, des caractères mobiles typographiques interchangeables ainsi que les améliorations qu’il apporta à la presse à bras et à l’encre ont contribué à une révolution dans la diffusion d’informations.

Cependant, ce n’est qu’en 1605 à Strasbourg, qu’est imprimé pour la première fois au monde, un hebdomadaire de 4 pages intitulé « Relation aller Fümemmen und gedenckwürdigen Historien ».

Malgré l’avancée des nouvelles techniques d’imprimerie, le développement de la presse a été empêché en France par les régimes autoritaires qui se sont succédé. Ceux-ci se donnaient le pouvoir d’autoriser seulement la presse qui leur était favorable et interdisaient toute parution qui leur déplaisait. Les divers journaux présentaient les mêmes informations convenues dont les populations se désintéressaient.

Même si, suite à la Révolution, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen favorise la parution de centaines de journaux, les régimes postérieurs bloquent cette diversification. Ainsi, dans les trois ans qui suivirent 1789, on comptait 500 périodiques en France dont 350 à Paris. Il existait alors deux types de presse : la presse libre et la presse subventionnée.

Pendant la Terreur, la presse s’autocensure ; sous le Consulat et l’Empire, le droit fondamental de la liberté de la presse est quelque peu étouffé. Ainsi en 1811, quatre journaux surveillés paraissent à Paris et un seul journal est autorisé par département.

La liberté de la presse est rétablie lors des Trois Glorieuses (1830) mais pas pour longtemps car la loi du 9 septembre 1835 préparée par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Adolphe Thiers, interdit les discussions sur le roi, la dynastie, la monarchie constitutionnelle, etc…

D’autres lois, comme celles nées sous la Seconde République, lois du 11 août 1848, du 27 juillet 1849 et 16 juillet 1850, réduisent elles-aussi la liberté de la presse. Celle-ci reste sous surveillance pendant le Second Empire.

Les régimes même lorsqu’ils proclament la liberté de la presse, cherchent à la contrôler par divers moyens comme des autorisations préalables, des mesures fiscales (droit de timbre, dépôt d’un cautionnement) voire de censure.

Ce n’est que sous la 3ème République et en particulier grâce à la loi du 29 juillet 1881 que la liberté de la presse est véritablement consacrée (jusqu’au régime de Vichy). Alors, disposant d’un environnement favorable, la presse est devenue un véritable moyen d’expression, et le principal avant l’arrivée de la radio, de la télévision et d’Internet. Le débat écrit s’est passionné, parfois à l’excès, chaque publication étant libre de son contenu.

  

La presse dans les régimes totalitaires

Nous ne devons pas oublier que cette libéralisation de la presse n’est intervenue que dans les démocraties libérales occidentales. Elle fait partie de la vie de ces régimes et cette évolution n’intervient pas dans les autres. Les régimes autoritaires de nombres pays cherchent encore aujourd’hui à contrôler l’information, par un encadrement strict de la presse. C’est notamment le cas en Chine, ou de manière extrême en Corée du Nord.

Prenons le cas de l’URSS qui a été à cet égard exemplaire. Après la conférence de Yalta et surtout à partir de 1948, les pays de l’Europe de l’Est placés sous la tutelle de l’URSS ont été mis au pas. Il s’agit par exemple de la Pologne, de l’ancienne Tchécoslovaquie ou encore de la Bulgarie. Là-bas naît un parti unique contrôlant les populations. Une police politique est créée. Elle procède à des écoutes téléphoniques systématiques et généralisées des intellectuels ou des journalistes. Le pouvoir procède aussi à de nombreuses arrestations.

Dans ces conditions il est évident que la liberté de la presse est bafouée. Tous les organes de presse sont au service du parti. Toutes les informations, notamment les sujets sensibles comme l’économie ou la défense, sont soumises aux « oukases » du parti communiste. Toute lutte contre la propagande officielle est considérée comme « déviante » et peut avoir de graves conséquences pour leurs auteurs.

Les explosions populaires de Budapest en 1956 ou de Prague en 1968 (socialisme à visage humain) n’y changeront rien, car cette liberté d’informer, de témoigner est incompatible avec les régimes totalitaires.

Malgré les promesses soviétiques, par exemple contenues dans le traité d’Helsinki, qui devaient apporter des améliorations au niveau des libertés fondamentales, aucun progrès n’a vu le jour. Malgré la censure, les peuples derrière le « rideau de fer » n’attachant plus aucun crédit aux organes de presse officiels privilégiaient les journaux clandestins (samizdat), écoutaient les radios étrangères. Une société civile « dissidente » a alors vu le jour.

Comme nous le savons, Gorbatchev pour sauver le régime entreprit une grande opération de transparence (glasnost) dans les années 1990, la crise économique aidant tout ceci se transforma en une lame fond qui vit la dislocation de l’union soviétique. Il était déjà trop tard.

Les dirigeants soviétiques eux-mêmes abreuvés d’informations fausses et tronquées ne croyant plus en leur propre système.

  

Internet : espoir de libéralisation des médias dans les régimes autoritaires ?

 Internet, outil universel, permet une circulation immédiate et globale de l’information. Son développement a suscité l’espoir d’une extension inexorable du régime libéral. Cet espoir a été particulièrement fort au moment des « printemps arabes ».

Plus récemment, les médias sociaux ont été un puissant outil d’action pendant toute la durée des soulèvements populaires en Egypte, en Tunisie, en Libye ou encore au Yemen. L’importance de ces évènements a été comparée à la chute du mur de Berlin en 1989.

Ces médias sociaux (Facebook, Twitter, etc…) ont été  un outil majeur pour répondre aux frustrations démocratiques des pays de ces régions. Les jeunes considérant qu’Internet était leur seul espace de liberté, l’ont utilisé avec beaucoup de savoir-faire. Ces supports ont contribué à faire tomber des dictatures qui semblaient jusqu’alors inamovibles.

En effet, ils ont joué un rôle primordial dans la mobilisation et la prise de conscience des populations contre l’arbitraire. Ils ont eu en effet une croissance  exponentielle pendant les évènements d’Egypte, de Tunisie, de Libye. Et il est incontestable qu’ils ont également joué un rôle majeur pour renverser les gouvernements car ils  permettaient de se tenir informé et de suivre en temps réel les événements. Sans les réseaux sociaux et les images retransmises, la mobilisation n’aurait pas eu cette ampleur et ces réussites. Ces informations apportaient en effet des preuves, de nombreux faits probants (cas de torture systématique en Egypte par exemple, massacre de Kasserine en Tunisie) que les autorités ne pouvaient nier.

Avant leurs chutes, les dictatures ont essayé de contrer ces moyens de communication par le brouillage, l’attaque des journalistes, l’emprisonnement de responsables d’Al Jazeera, des intimidations « musclées » ou encore des infiltrations.

Les femmes arabes ont pris part aussi à cette révolution de l’information, par leurs blogs elles continuent d’avoir une visibilité même internationale ce qui participe à leur émancipation.

Même si ce phénomène a été exagéré, on a même parlé de « cyber-révolution », on peut dire sans hésiter, que sans Internet ces populations qui vivaient dans des régions dominées par des médias officiels, n’auraient pas réussi à renverser ces régimes. Même si c’est avant tout l’exaspération d’une jeunesse désabusée qui s’est mobilisée ainsi que les graves problèmes économiques qui ont permis avant tout de renverser ces régimes.

Suite à ces printemps arabes rien ne sera plus comme avant, les réseaux sociaux continueront de jouer un rôle prépondérant dans les transformations politiques et les prises de conscience des citoyens.

La liberté de la presse est essentielle pour lutter contre toutes les formes de totalitarisme.

 

A suivre…

 Prochaine publication vendredi 8 septembre  « Les nécessaires liberté et pluralité des médias »

 

 

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