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Tout ce qu’il faut savoir – La presse et les médias (4/4)

LA PRESSE – LES MEDIAS (4/4)

4ème et dernière partie

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Internet permet la multiplication des sources d’information dans les régimes où les médias sont contrôlés par l’Etat ou dans les territoires connaissant un quasi-monopole d’un groupe de presse. Plus besoin d’investissement fort et d’une longue formation pour devenir journaliste. Tout citoyen peut relater des événements dont il a connaissance en y consacrant un peu temps.

Ce formidable outil a malheureusement un côté négatif. Tout le monde peut informer ses concitoyens via les réseaux sociaux ou un blog. Tout peut donc plus facilement y être dit. L’auteur du blog local ou l’ami Facebook n’a pas toujours en tête la Charte de Munich. Moins soucieux d’un respect d’une déontologie, il peut diffuser des informations qui seraient restées tues par des rédactions. Anonyme, il peut se répandre sans craindre les conséquences. Plus grave, des mouvements organisés utilisent les réseaux pour mobiliser des électeurs en leur présentant une réalité fausse sinon tronquée.

Plus largement, nous assistons à une perte de contenu sensible sur Internet mais aussi sur les chaînes télévisées d’infos en continu qui sont capables de nous offrir, pendant des heures, des commentaires sur des images sans action en attendant une éventuelle action qui arrivera ou pas. Lors des récents attentats qui ont touché notre pays, les terroristes attendaient une couverture médiatique comme par exemple les frères Khoulibali.

Protection de l’image personnelle

Internet nous soumet tous à un risque important de dévoilement de données personnelles. Des informations que l’on souhaitait garder privées peuvent être diffusées à tout moment par une personne malintentionnée. La rumeur devient globale. Nous vivons dans une société d’hyper-transparence. Ces informations peuvent par ailleurs s’avérer fausses et n’être inventées que pour nuire.

Cette hyper-transparence concerne en premier lieu les personnes publiques, dont les hommes politiques. Toute campagne politique est maintenant accompagnée de révélations sur le personnel politique et de campagne massive de désinformation. Les rumeurs de prétendus compagnes cachées, alcoolisme, conversion à l’islam ou se rependent sur la toile. Malheureusement, si les informations sont fausses, leurs effets sont réels. Le personnel politique est disqualifié chez certains enclins à céder à des instincts intolérants.

La désinformation, menace des régimes libéraux

L’avènement d’Internet où l’information émane de sources plus ou moins fiables, où l’information n’est pas contrôlée ni soumise à des règles déontologiques notamment celle de la vérification des faits favorise l’augmentation de rumeurs, de propagande, de contre-propagande, de « fake news » qui ont fleuri lors des dernières élections présidentielles que ce soit en France ou aux Etats-Unis.

Ces rumeurs mettent aujourd’hui en péril nos systèmes politiques de démocratie libérale. Les mouvements extrémistes l’ont bien compris. Ce sont bien souvent leurs sympathisants, si ce n’est leurs alliés qui les créent et les entretiennent. Ils développent ainsi un climat de défiance vis-à-vis des dirigeants en place, qu’ils soient politiques ou économiques. Par l’emploi d’un registre agressif et accessible, ils font vivre l’idée d’un complot organisé à l’encontre des populations. Ils font ainsi croire à des solutions simples pour résoudre des prétendus problèmes. Le réchauffement climatique est une invention qui nuit à l’économie, les migrations sont un mouvement organisé de remplacement des populations…

Une fois en place, ces mouvements peuvent s’attaquer aux médias conventionnels qu’ils jugent coupables de désinformation, et à la liberté des médias. Ils tentent alors par une certaine violence de remplacer la vision du monde qu’il propose à celle qui était dominante jusqu’alors. La pluralité de l’information est la victime de ce tour de force, comme on a pu le voir en Turquie ou encore en Hongrie ou en Pologne.

Nécessité d’éduquer et de maintenir des sources d’information réfléchies

Internet a donc conduit à la disparition des filtres d’analyse de l’actualité que représentaient les médias traditionnels. Le public se retrouve directement confronté à l’information et à ses émetteurs. Il doit la traiter personnellement et faire le tri. Sans équipement adéquat, il peut être tenté par une certaine facilité. Il peut écouter ses instincts qui le pousse à un rejet de la différence. Il peut aussi adopter des positions lui convenant personnellement mais

Il semble aujourd’hui illusoire de remettre en place ces filtres. L’information et la désinformation circulent librement dans toutes les parties de la population. On peut s’en réjouir ou le regretter mais guère plus. Face à cette situation, la seule solution est l’éducation à l’information et le maintien de la confiance dans des sources d’information fiables. Chaque citoyen doit être intellectuellement armé pour faire face aux agressions du système démocratique et libéral.

L’école de la République a ici un rôle à jouer. Elle doit former le citoyen et lui inculquer les valeurs nécessaires à la vie collective. Elle doit éduquer au respect de l’identité d’autrui et à la nécessaire prise en compte de l’intérêt collectif. Les élèves doivent être sensibilisés aux dommages que peut provoquer la circulation d’informations nuisibles. Ils doivent apprendre à distinguer entre le faux, le dangereux, le douteux, le probable, le vrai et le confirmé.

L’éducation aux médias doit être développée dès l’école afin de permettre une prise de recul face aux textes, aux images…en ayant un esprit critique par un exercice responsable de la liberté d’expression

Enfin, la parole des experts et des « sachants » doit être revalorisée et respectées. Un professeur d’université, un dirigeant, un représentant d’employés, un militant associatif fournissent des témoignages précieux qui doivent circuler avec plus de poids que toute parole sur Internet. Les médias traditionnels doivent être pour cela mobilisés et maintenu dans leur moyen. Ceux-ci doivent rester la voie privilégiée de l’information réfléchie et confirmée.

Comme l’industrialisation, les moyens de l’information augmentent la capacité d’action des êtres humains. Ils augmentent nos puissances individuelles. Ce supplément de puissance individuel réclame un supplément de morale collective.

Comme disait Bergson, « le corps agrandi attend un supplément d’âme ».

 

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