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La permaculture en quelques mots

A l’approche du printemps de nombreuses journées dédiées au jardinage sont programmées ainsi que des stages de sensibilisation à la permaculture.

Mais qu’entend-on par permaculture ?

Tous les jardiniers en parlent mais peu de personnes savent vraiment de quoi il s’agit.

En effet, cette « culture de la permanence » englobe des notions d’écologie, d’agriculture biologique, de l’étude de l’écosystème du lieu. Elle ne se borne donc pas à des techniques de jardinage bio mais elle vise bien une éthique qui repose sur trois piliers :

  • prendre soin de la nature ;
  • prendre soin de l’humain,
  • et tendre vers un partage équitable.

fleur_permaculture

Elle utilise des principes d’écologie et le savoir des sociétés traditionnelles pour reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels. Ce qui remet en cause notre système de production et de consommation.

principes-permaculture

Revenons au jardinage.

Voici quelques bases de la permaculture pour un jardinier amateur, même si actuellement, un nombre croissant de maraîchers commencent à utiliser ces techniques.

Pour préserver la biodiversité, on n’utilise pas de désherbants ou de pesticides, car comme nous le savons, ces produits chimiques nuisent à l’environnement, pénètrent dans notre alimentation et sont ainsi nocifs à notre santé. Il est manifeste que toutes les substances toxiques répandues dans les champs ont profondément nuit à la biodiversité, à la disparition de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes (abeilles…) ainsi qu’à la pollution des nappes phréatiques.

Pour éviter d’utiliser ces produits dangereux, la permaculture préconise le « paillage ». Ainsi, on ne retourne pas la terre ce qui évite d’une part, l’utilisation d’un motoculteur et d’autre part de bouleverser les horizons du sol et donc de détruire la faune aérobie (qui ne peut se développer qu’en présence de l’air) et anaérobie (qui peut vivre dans un milieu privé d’air) du terrain. Mais qu’est-ce que cela signifie ?

(Le sol est ameubli notamment par les vers de terre ce qui permet aux micro-organismes et aux racines par ailleurs de mieux fixer l ‘azote)

Une des caractéristiques de cette culture est la culture sur butte autofertile. Sans rentrer dans les détails, on peut dire que la création d’une butte consiste à superposer des éléments organiques comme le bois, les aiguilles de pins, la sciure, le paillage, la terre, le compost… tous ces éléments en se décomposant nourriront la terre et ses occupants pour ensuite donner une production abondante dans très peu d’espace. Par ailleurs, ce type de couches superposées résistent mieux à la sécheresse et est donc économe en eau.

Une autre caractéristique de la permaculture, consiste dans le fait que l’on ne plante pas en ligne, les plantations se font au gré des compagnonnages et comme on ne laisse pas d’espace libre, les jeunes pousses profitent des éléments organiques des plantes en fin de cycle qui ont libéré leurs éléments nutritifs.

Les spécialistes de ce type de culture nous enseignent que ce qui fait la richesse d’un milieu naturel c’est sa biodiversité. Plus la biodiversité est grande plus la résilience d’un milieu naturel est remarquable. Ainsi, on peut compter et tirer parti des services rendus par les écosystèmes en équilibre. Nous avons en effet à notre disposition des milliards de « collaborateurs » invisibles comme les vers, les bactéries, …qui travaillent à longueur d’année pour nos plantations. Ne nous en privons pas !

Pour obtenir un environnement favorable à la diversité, il faut varier les semis et faire en sorte que chaque parasite puisse être limité par un prédateur naturel. Quelques exemples bien connus :

  • les coccinelles contre les pucerons ;
  • les champignons, le purin d’ortie sont utilisés pour combattre de nombreux ravageurs comme les chenilles de papillons, etc…

et comme nous l’avons vu, le paillage avec des matières végétales diverses des cultures est d’une grande efficacité dans la protection de nos productions.

Bien entendu, lorsqu’on choisit ce type de culture, elle doit s’inscrire dans la durée.

Il est urgent de revenir à des techniques millénaires, techniques qui avaient protégé la biodiversité.  De nos jours, on observe que les impacts sur notre planète sont bien réels avec les dégâts sanitaires et environnementaux souvent irréversibles. La fusion de Bayer et de Monsanto ne va pas dans le bon sens. Il est à craindre que cette mega-entreprise imposera encore plus son emprise sur l’agriculture mondiale avec ses produits phares comme le Glyphosate et le Dicamba.

Et du point de vue de la rentabilité ?

Intensivité synonyme de rentabilité.

Et bien, il semble que cette équation soit erronée.

En effet, une étude scientifique menée par François Léger (ingénieur agronome et docteur en écologie, enseignant-chercheur à AgroParisTech) pendant quatre ans entre 2011 et 2015 au sein d’une ferme normande gérée en parmaculture a démontré que ce modèle était économiquement viable voire supérieur au vu des références généralement admises en ce qui concerne le maraîchage biologique diversifié. Cette étude réalisée en conditions réelles de production et de vente a été validée par l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA)

La permaculture est une des techniques qui peut inverser la tendance mondiale actuelle, c’est un devoir citoyen d’en prendre conscience.

Au moment où tous les scientifiques s’accordent sur le fait que les perturbateurs endocriniens ont des graves conséquences sur notre santé, que la surveillance des sols est quasi inexistante, il serait bon que nos élus et les autorités agissent encore plus au niveau européen.

Pour conclure, on peut sans hésiter dire que la permaculture est un des systèmes qui participe à la protection de l’environnement, tout comme l’économie circulaire qui sera le sujet d’un prochain article.

Pour en savoir plus :

https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-sarreguemines-bitche/2018/03/21/la-permaculture-en-jardin-partage

http://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/permaculture-un-ideal-qui-prend-racine/

https://www.ladepeche.fr/article/2017/04/29/2565433-permaculture-une-solution-pour-l-environnement.html

http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/34337/permaculture-activite-rentable-inra-ferme-bec-hellouin

http://leveildelapermaculture-lefilm.com/intervenants/françois-leger

 

 

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