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Conference of the Parties – COP24 à Katowice (Pologne)

 

cop24-1024x309Conference of the Parties – COP24

 Katowice (Pologne) du 2 au 14 décembre 2018

La 24ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) [i]s’est ouverte le 2 décembre à Katowice, réunion internationale sur le climat la plus importante depuis l’adoption de l’Accord de Paris. Cette conférence se déroulera jusqu’au 14 décembre 2018.

CCNUCC

Cette troisième édition polonaise d’une COP sera présidée par le vice-ministre polonais de l’Energie, Michał Kurtyka. Troisième édition, en effet, car les COP14 (2008) et 19 (2013) ont été également organisées par la Pologne.

A l’heure où l’on prône la décarbonisation, la COP24 se déroulera à Katowice, cité minière au sud de la Pologne (bassin charbonnier de la Silésie). Paradoxe s’il en est, le premier lobby mondial est celui des énergies fossiles !  

Parmi les participants, près de deux cent Etats seront représentés mais aussi des ONG, institutions, etc. La France sera représentée par François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire et Brune Poirson, Secrétaire d’État.

Quels sont les objectifs de la COP24 ?

La COP24 a pour ambition de concrétiser en directives l’Accord de Paris qui a été signé le 12 décembre 2015 au Bourget à l’issue de la COP21.

Elle a pour objectif de fixer un cadre international d’action ambitieux pour lutter contre les changements climatiques. Ces quinze jours de débats devront permettre la rédaction d’une feuille de route pour que chaque Etat puisse appliquer l’Accord concrètement.

Elle devra en outre adopter le « plan d’action de Katowice pour la transition juste ».

Les engagements de la France

Pour respecter l’Accord de Paris, la France a construit une politique climatique avec l’objectif ambitieux d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Cette politique s’articule autour de deux grands volets présentés par le président de la République le 27 novembre dernier :

  • La stratégie française pour l’énergie et le climat, pour conduire la politique d’atténuation. Elle repose à la fois sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et sur la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) ;
  • Le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC).

La SNBC est en fait la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Quant à la PPE, elle fixe les priorités d’actions dans le domaine de l’énergie pour la décennie à venir (cf. documents infra)

PEE1

PEE2

COP21

 

 

 

 

 

Source : europa.eu

Rappelons que l’Accord de Paris prévoit :

  • de limiter d’ici à 2100 le réchauffement climatique à +2°C maximum, et de poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C ;
  • une aide annuelle de 100 milliards de dollars d’ici à 2020 pour aider les pays pauvres à atteindre ces objectifs.

Les pays réunis à Katowice doivent s’engager à intensifier leurs efforts pour diminuer de manière drastique leurs émissions de gaz à effet de serre. En effet, selon le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les engagements actuels conduiraient à une hausse de la température moyenne mondiale de plus de 3°C par rapport à l’ère préindustrielle.

La France, quant à elle, s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030.

Mais il s’agit également de faire redémarrer le Fonds vert pour le climat.

Le Fonds vert pour le climat (FVC)

Le FVC, véritable caisse commune des investissements en faveur du climat pour les pays en voie de développement, a été lancé fin 2011. C’est en effet un mécanisme financier de la CCNUCC qui a pour objectifs de limiter ou de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement et d’aider les communautés vulnérables à s’adapter aux impacts des changements climatiques. A terme, le FVC devrait devenir le principal mécanisme financier multilatéral destiné à soutenir les mesures en faveur du climat dans les pays en développement.

Ainsi, en février 2016, le FVC avait levé l’équivalent de 10,2 milliards de dollars de capitaux, promis par 42 gouvernements pour financer des projets d’adaptation et d’atténuation dans les pays en développement.

Après avoir appelé en septembre à une tarification des gaz à effet de serre émis,  et donc du carbone, la Banque mondiale a annoncé, le 3 décembre, la mobilisation d’environ 200 milliards de dollars de financements de 2021 à 2025 pour aider les pays en développement face au changement climatique, soit près du double de ce qui avait alloué pour la période précédente.

Tous unis pour sauver la Planète ?

Pas vraiment ou pas totalement.

Selon Laurence Tubiana,[ii] la COP 24 est « un sommet technique, mais avec un enjeu politique fort » et pourtant « il y a une démobilisation (…) et il est important de refaire du climat un sujet politique de haut niveau »

Les Etats-Unis, non seulement la première puissance politique et économique mondiale mais aussi le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde après la Chine, se sont retirés de l’Accord de Paris.

L’Australie et le Brésil ont tous deux fait savoir qu’ils limiteraient au maximum leurs engagements.

Quid de la Chine ?

Paradoxalement, le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde pourrait s’avérer un partenaire « relativement » fiable pour l’Union européenne face aux États-Unis.

En effet, après le retrait des Etats-Unis, on a pu constater que la Chine s’est intéressée aux pays en voie de développement pour relever leurs ambitions et a mis en avant la théorie de « responsabilité partagée mais différenciée ». Il s’agit à cet égard de considérer que les pays développés, dont l’empreinte carbone est élevée, doivent aider les pays en développement pour lutter contre le changement climatique.

Il faut en outre souligner que la Chine a atteint les objectifs qu’elle s’était fixée pour 2020 en ce qui concerne l’émission de gaz à effet de serre. Elle est également aujourd’hui le premier investisseur mondial en énergie propre.

A contrario, la Chine poursuit la construction de nouvelles centrales thermiques, et finance via des programmes d’investissement, la construction de centrales à charbon au Pakistan, en Egypte ou dans les Balkans.

Quid du Brésil ?

Les récentes élections présidentielles ne sont pas sans influencer les négociations en matière de transition écologique. En effet, la COP24 commence à peine qu’une nouvelle difficulté a vu le jour cette semaine.

Le 28 novembre dernier, le ministre des Affaires étrangères brésilien a annoncé que le Brésil renonçait finalement à accueillir la COP 25 (prévue du 11 au 22 novembre 2019) : « En raison de restrictions budgétaires (…) et du processus de transition avec la nouvelle administration qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2019, le gouvernement brésilien s’est vu contraint de retirer son offre de recevoir la COP25 ».

Si la COP25 ne se tiendra pas au Brésil, alors où ?

Compliqué en effet, en raison du système onusien de rotation des régions organisatrices. C’est un gouvernement d’Amérique latine ou des Caraïbes qui doit organiser le sommet de 2019. Quelle solution ? La présidence d’un pays caribéen, avec accueil du sommet par l’Allemagne, à Bonn, sur le modèle de la COP 23 présidée par les Fiji ? A suivre.

Au même moment, en France, le « Mouvement des Gilets Jaunes » montre combien les efforts pour sauver la planète pour les générations futures peuvent être incompris et s’opposer – malheureusement de manière violente voire irresponsable, aux demandes pour un besoin de mieux vivre aujourd’hui.

Et pourtant il y a urgence. Urgence écologique planétaire versus urgence sociale individuelle. Comment réussir à concilier ces deux priorités que sont une politique de transition écologique ambitieuse et une politique sociale juste ? Telle est la difficile équation qui doit être résolue. Il est toutefois indéniable que la ou les réponses des institutions en place ne sont pas aussi faciles à faire que certains peuvent le prétendre. Ne nous voilons pas la face, une réponse rapide, à chaud, ne réglera pas le problème de fond.

 « Nous n’avons pas le luxe d’attendre » c’est ce qu’il ressort de la tribune « Sonnons l’alarme climatique » publiée le 3 décembre dans France Info dans laquelle plus de soixante associations souhaitent « contribuer à l’amplification du réveil citoyen afin de reprendre le contrôle et engager une transition écologique plus ambitieuse et plus juste ».

Pour conclure, nous attendons beaucoup de cette COP24 car l’urgence est bien réelle. Mais les débuts ne sont pas prometteurs. Gardons à l’esprit que cette Conférence des Parties – qui est un véritable moment politique – intervient dans un contexte complètement différent de celui de 2015 (Etats-Unis, Brésil, etc…) ce qui ajoute de la complexité dans l’élaboration des propositions.

Toutefois, il est indispensable d’aboutir à la rédaction d’une feuille de route ambitieuse et juste pour réaliser l’Accord de Paris voire faire encore plus et mieux car pour  reprendre une phrase du récent rapport du GIEC « plus on laisse le climat dériver, plus le monde sera injuste ».

Mais en attendant de connaître les avancées et les conclusions des échanges qui émaneront de cette COP24, nous vous proposerons dans les tout prochains jours, une courte note sur le Haut Conseil pour le Climat.

[i] La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été adoptée au cours du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 par 154 États auxquels il faut ajouter la totalité des membres de la Communauté européenne. Elle est entrée en vigueur le 21 mars 1994.

[ii] Ex-ambassadrice de l’Accord de Paris, Directrice de la Fondation européenne pour le climat (ECF), Fondatrice de l’IDDRI (l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales), professeur à Sciences Po Paris et membre du tout nouveau Haut Conseil pour le climat.

BONUS

http://cop24.katowice.eu/fr/

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/accord-paris-et-cadre-international-lutte-contre-changement-climatique

https://mobile.francetvinfo.fr/monde/environnement/cop24/tribune-nous-n-avons-pas-le-luxe-d-attendre-des-associations-des-ong-veulent-amplifier-le-reveil-citoyen-pour-la-justice-soc

https://www.touteleurope.eu/actualite/climat-que-peut-l-europe.html

https://www.touteleurope.eu/actualite/la-lutte-contre-le-changement-climatique-en-12-dates.html

https://www.touteleurope.eu/actualite/changement-climatique-quel-impact-en-europe.html

https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/8869805/8-04052018-BP-FR.pdf/bc1dd77f-8a91-4e42-bbca-79055e55608f

https://www.lecese.fr/content/cop-24-societe-civile-et-justice-climatique

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