ACTUALITÉS & ÉVÈNEMENTS, Brève du jour

Brève du jour – L’OTAN fête ses 70 ans.

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L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) vient de fêter ses 70 ans[1].

En effet, cette alliance militaire a vu le jour le 4 avril 1949 à Washington[2] dans le contexte de la « Guerre froide ». Depuis 1966, l’OTAN a son siège à Bruxelles. Il était initialement situé à Londres puis Paris. Mais de quoi s’agit-il exactement ? quels sont ses objectifs ? Qui en est membre ? Quelle est son organisation ? Quel est son budget ? Et pour conclure, 70 ans en quelques dates.

Ses objectifs

Comme nous l’avons précisé en préambule, l’Alliance voit le jour dans le contexte général des débuts de la « Guerre froide » et plus spécifiquement pendant le blocus de Berlin exercé par les Soviétiques (juin 1948 – mai 1949).

L’OTAN a donc pour objectif de garantir la liberté et la sécurité de ses membres par des moyens politiques et militaires. Cet objectif est double : politique et militaire.

  • Objectif politique

Promouvoir les valeurs démocratiques, permettre aux membres de cette organisation de se consulter et de coopérer sur les questions de défense et de sécurité afin de résoudre les problèmes, et de prévenir les conflits.

  • Objectif militaire

En cas d’échec des efforts diplomatiques, l’OTAN dispose de la puissance militaire nécessaire pour entreprendre des opérations de gestion de crise en vertu de la clause de défense collective (article 5 du Traité de Washington)[3].

Membres

L’OTAN compte 29 membres à ce jour.

  • En 1949, les 12 Etats fondateurs : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni.
  • En 1952, les ont rejoints : la Grèce et la Turquie.
  • En 1955 : l’Allemagne.
  • Le 7 mars 1966, le général de Gaulle annonce au président américain Johnson le retrait de la France de la structure militaire de l’OTAN. « La France se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entravé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN».
  • En 1982 : l’Espagne.
  • En 1999 : la Hongrie, la Pologne et la République Tchèque.
  • En 2004 : la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie.
  • En 2009 : l’Albanie et la Croatie. C’est aussi cette année-là que la France réintègre le commandement unifié de l’OTAN.
  • Puis en 2017 : le Monténégro.

Organisation

Depuis mars 2014, Jens Stoltenberd[4] est le secrétaire général de l’OTAN. A ce titre, il est responsable de la coordination des travaux, il préside le Conseil de l’Atlantique nord, dirige le personnel et représente l’Alliance à l’extérieur.

Il est nommé, suivant un processus informel, pour 4 ans, au terme d’un consensus des membres sur proposition de noms via des canaux diplomatiques.

Pour répondre au double objectif civil et militaire de l’OTAN, l’organisation est également double.

Le Conseil de l’Atlantique Nord est la structure civile de l’Alliance

Le Conseil prend ses décisions par consensus, fixe les orientations politiques, assure la direction politique des opérations, adopte les budgets et, de manière générale, prend l’ensemble des décisions nécessaires au bon fonctionnement.

Il peut se réunir :

  • au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement lors des Sommets ;
  • au niveau des Ministres lors des réunions ministérielles ;
  • au niveau des Ambassadeurs, Représentants permanents des nations (de manière hebdomadaire).

Le comité militaire est la structure militaire de l’Alliance

Il est placé sous l’autorité politique du Conseil de l’Atlantique Nord.

Il représente les plus hautes autorités militaires des nations de l’OTAN (chefs d’état-major des armées).

Il propose au Conseil les appréciations et analyses qu’il juge utiles ainsi que les options et plans militaires demandés. Il supervise les concepts et doctrines militaires et donne des directives aux commandements stratégiques qui sont l’Allied Command Operations (ACO) et l’Allied Command Transformation (ACT).

Son président est le porte-parole militaire de l’Alliance, il est élu pour 3 ans par les Chefs d’Etat-major des Alliés. Depuis juin 2018, c’est le général Stuart Peach[5]qui occupe cette fonction.

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Budget (chiffres de 2017)

Pas un budget mais trois ! Et quelques points obscurs ou tout du moins opaques. Un double financement : direct et indirect.

Financement direct

  • Un budget militaire de 1,29 milliard d’euros qui concerne l’exploitation et la maintenance de la structure de commandement de l’Otan.
  • Un budget civil de 234 millions d’euros qui couvre les dépenses administratives : personnel, fonctionnement, relations publiques et équipement civil (6 000 civils sont employés dont 1 000 au siège)
  • Un budget pour le programme d’investissement au service de la sécurité (NSIP) de 655 millions d’euros qui sert à financer certains investissements militaires pour les pays membres (mises à niveau de systèmes d’informations, des quartiers généraux, des infrastructures pour les opérations extérieures : aéroport, carburant ; etc…).

Ces financements sont négociés tous les deux ans. Il en est de même pour la quote-part de chaque pays. Quelques exemples :

  • États-Unis 22,14 % ;
  • Allemagne 14,65 % ;
  • France 10,63 % ;
  • et le Royaume-Uni 9,85 %

Financement indirect

Un pays finance indirectement l’OTAN lorsqu’il participe à une opération commandée par l’organisation.

Chaque pays décide souverainement de participer ou non à une opération, sauf en cas d’attaque d’un autre membre, dans ce cas il est obligatoirement engagé aux termes de l’article 5 du traité (cf. note précédente).

Quelques points obscurs

La comptabilité reste opaque sur certains points, notamment en ce qui concerne les dépenses relatives aux opérations secrètes.

Récemment d’ailleurs, certains alliés se sont offusqués de ne pas pouvoir déterminer l’utilisation faites des fonds directs.

calendrier 

70 ans en quelques dates

  • 4 avril 1949 : pour mémoire création de l’OTAN ;
  • 14 mai 1955 : naissance du Pacte de Varsovie entre l’URSS, l’Albanie, la République démocratique allemande, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie ;
  • 10 mars 1966 : comme précisé infra, la France quitte l’organisation militaire intégrée de l’OTAN ;
  • 12 décembre 1979 : modernisation de ses forces nucléaires ;
  • 1989-1991 : chute du mur de Berlin, dissolution du pacte de Varsovie, réunification de l’Allemagne, effondrement de l’Union soviétique ;
  • 9 janvier 1994 : début du « Partenariat pour la paix », programme de coopération militaire avec les pays de l’Est. Ultimatum aux Serbes de Bosnie-Herzégovine, en guerre depuis deux ans ;
  • 28 février 1994 : quatre avions de combat survolant la Bosnie sont abattus par des chasseurs de l’OTAN (1ère intervention en Yougoslavie) ;
  • 5 décembre 1995 : accords de Dayton sur la Yougoslavie. 60 000 hommes sont déployés ;
  • 23 mars-11 juin 1999 : opération « Force alliée » après des mois de crise au Kosovo, l’OTAN déclenche sans mandat de l’ONU des bombardements sur la Yougoslavie ;
  • 2001 : affrontements entre Macédoniens et Albanais. Opération « Moisson essentielle » : 3 500 hommes sont déployés pour faciliter le désarmement des rebelles albanais ;
  • 3 octobre 2001 : après les attentats du 11 septembre, activation pour la première fois de l’article 5 ;
  • 11 août 2003 : l’Otan prend le commandement de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), mandatée par l’ONU pour maintenir la sécurité à Kaboul et dans sa région ;
  • 9 juin 2005 : l’OTAN apporte une aide logistique (transport et formation) à l’Union africaine pour sa mission au Darfour (AMIS) ;
  • 22 février 2005 : soutien de l’Alliance à une mission de formation des forces de sécurité irakiennes. L’Allemagne, la Belgique et la France limiteront leur contribution à un entraînement hors du pays ou au financement des opérations ;
  • 2006 : l’OTAN prend le commandement de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan ;
  • avril 2008 : sommet de l’OTAN à Bucarest consacré à la crise afghane et à l’élargissement. Décision d’envoyer des renforts en Afghanistan. La France, l’Espagne, l’Australie, la Grèce, la Roumanie et l’Allemagne acceptent d’engager des troupes supplémentaires ;
  • août 2008 : conflit entre la Russie et la Géorgie, candidate à l’entrée dans l’OTAN ;
  • 2009 : la France réintègre le commandement intégré ;
  • Mai 2010 : un rapport du Groupe d’experts appelle au renforcement des liens avec la Russie et se prononce en faveur du maintien des armes nucléaires américaines en Europe ;
  • 19 – 20 novembre 2010 : sommet de Lisbonne. L’adoption du nouveau « concept stratégique » et la guerre en Afghanistan devraient dominer le sommet.
  • 11-12 juillet 2018 : sommet de Bruxelles alors que l’Europe connaît de profondes divisions.

70 ans pour cette organisation aux objectifs géopolitiques clairement énoncés mais au fonctionnement complexe non seulement en raison de l’objet et de l’essence même de l’OTAN mais surtout en raison de son budget et de son mode de fonctionnement.

Après 70 ans, un retour à une nouvelle Guerre froide ? Avec la Russie ? la Chine et le Global China ? les Etats-Unis ?

Aujourd’hui, il existe indéniablement des tensions dans les relations transatlantiques, suite aux pressions exercées par les Etats-Unis sur la part du budget portée par les pays de l’Union européenne. Face à la menace d’un éventuel retrait des américains, l’Union européenne prend de son côté des mesures pour renforcer son autonomie. L’OTAN a 70 ans entre désormais dans une nouvelle ère : celle du renforcement de son unité pour faire face aux différends entre ses membres et à une éventuelle nouvelle Guerre froide, ce dont elle ne souhaite pas. La devise de l’OTAN est « Animus in Consulendo Liber[6] » mais ne devrait-elle pas plutôt être « Tous pour un, un pour tous » ?

Notes

[1] https://www.nato.int/cps/fr/natohq/news_165248.htm

[2] https://www.nato.int/cps/fr/natolive/topics_67656.htm

[3] Article 5 : « Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord. Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales. »

[4] https://www.nato.int/cps/fr/natohq/who_is_who_49999.htm

[5] https://www.nato.int/cps/fr/natohq/who_is_who_135089.htm

[6] Traduction : l’esprit libre dans la consultation

OTAN en emporte les Etats-Unis

 

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