ACTUALITÉS & ÉVÈNEMENTS, Brève du jour

Brève du jour – Covid-19 et économie

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Préambule

Les outils actuels de l’Insee n’étant peu ou pas adaptés pour les habituelles notes de conjoncture, l’Insee a décidé de mettre en place un dispositif ad hoc de suivi de conjoncture pour mesurer l’activité.

Quelles sont ces sources nouvelles permettant des analyses nouvelles ?

  • Les analyses à un niveau sectoriel ;
  • Les transactions par carte bancaire ;
  • Les données sur la consommation d’énergie (RTE, ENEDIS) ;
  • La Banque de France.

Fin avril, les premières estimations des comptes trimestriels de T1 seront publiées.

Les estimations

  • Données pour le mois de mars 2020

En mars, chute de 1/3 de l’activité. La baisse reflète plutôt les craintes du pré-confinement.

Il faut ajouter que les données relatives au mois de mars ne peuvent pas servir de base pour les estimations dans la mesure où seule la seconde moitié du mois correspond à une période de confinement.

Il n’est pas encore possible de capter la baisse de moral des chefs d’entreprises pour le mois de mars (il faudra attendre les données du mois d’avril même si elles sont sans surprise).

Baisse-eco

Quelques chiffres :

36 % de perte d’activité soit 42 % du PIB marchand hors loyer soit une baisse de :

  • 10 % pour l’activité agricole ;
  • 50 % pour l’industrie (sauf agro-alimentaire) ;
  • 22 % pour les services non marchands ;
  • 52 % pour les services marchands.

Au-delà de ces estimations agrégées, une analyse plus fine est effectuée par glissement. On compare une journée de mars 2020 avec la même journée N-1, N-2, etc…

Premier constat, les transactions par carte bancaire se sont effondrées, idem pour les magasins de textile.

Les ventes à distance qui ont permis le maintien d’une certaine activité ont également été désagrégées (- 20 %). Il est à noter que les transactions moyennes tendent à augmenter mais elles sont moins fréquentes. Ainsi, on va moins souvent au supermarché mais on achète un plus gros volume.

36 % de perte d’activité c’est 12 points du PIB annuel en moins. Mais les prévisions sont très difficiles car tout dépend des données sanitaires et de la durée du confinement. Pour mémoire, le choc de la crise de 2008-2009 était largement moindre.

Le coût de cette crise sera supporté par les pouvoirs publics, les entreprises mais aussi les particuliers.

Les impacts par secteurs

  • Les régions

Actuellement, l’Insee travaille à la mise en place d’un outil permettant de faire des estimations de différenciation par région pour tenir compte des données régionales spécifiques.

  • Le secteur public non marchand

L’impact de la crise sur le secteur public et non marchand (par rapport au secteur privé) est plus difficile car l’administration est évaluée à partir de ses coûts.

  • Les importations VS exportations

Aucune donnée pour le mois de mars (fermeture des frontières à la mi-mars).

  • Le pouvoir d’achat des ménages

A ce jour pas d’analyse précise mais une probable forte remontée de l’épargne.

  • Les faillites

On en mesurera assez bien le nombre en fin d’année mais pas le poids.

Le confinement : un premier bilan, les premières analyses

Il est très difficile de dresser un bilan de l’impact de la crise Covid-19 et des mesures de confinement, seules sont possibles des estimations pour permettre de construire des scenarios en ayant conscience des incertitudes. Face à la crise sanitaire, une réponse brutale : le confinement. Le confinement qui empêche les ménages de consommer et les salariés d’aller travailler.

Le confinement représente une baisse de 2,6 points du PIB par mois soit :

  • 60 Md €/mois ou 2 Md € /jour
  • 30 % du PIB mensuel (70 % par un canal de demandes / 30 % par un canal d’offres)

Aujourd’hui, on assiste à un véritable arrêt de l’économie, il y a donc peu de choses à faire pour la relancer car il y a impossibilité de produire et impossibilité de consommer. Aussi, faut-il essayer de limiter les dégâts en socialisant les revenus qui ne sont pas distribués.

Sur 60 Md € de perte :

  • 30 Md € sont pris en charge par l’administration et les pouvoirs publics : baisse et report des charges, le chômage partiel (à hauteur de 12 Md) ;
  • 5 Md € perdus par les ménages (indépendants, pertes de revenus, etc.) ;
  • 25 Md € sur le compte des entreprises couverts à court terme par les reports de charges sociales et fiscales

En ce qui concerne le soutien à court terme de la trésorerie (report de charges), le transfert de ces reports ne pourra se faire qu’au cas par cas au regard de la règle de l’égalité devant l’impôt. En effet, il faut rappeler que malgré tout, 50 % de l’économie fonctionne toujours, des mesures générales ne pourront donc pas exister pour respecter l’équité.

Scenarios de « l’après »

Il est important de rappeler que le déconfinement n’est pas la fin du confinement. Quelles en seront les conséquences ? Que se passera-t-il à l’étranger car, à l’évidence cela aura un impact sur l’économie française. Comment faire avec les effets induits ?

Face à toutes ces incertitudes, il est nécessaire d’anticiper sur les bases des estimations et des études fournies par l’Insee et d’autres indicateurs tels que Eurostat, l’OCDE, etc…

Epargne des ménages

On estime une augmentation de 2 % /mois de confinement. Cette épargne pourrait être la clé pour le rebond mais une partie de cette épargne peut aussi se transformer en une épargne de précaution.

Investissement des entreprises

Le déconfinement va-t-il être prudent ou au contraire les investissements vont-ils augmenter pour adapter l’outil de travail ? La demande des ménages peut changer et provoquer un effet d’aubaine pour certains secteurs.

On a pu assister à une certaine prise de conscience mais il est indéniable qu’il sera indispensable de mettre en œuvre les recettes keynésiennes.

Comment éponger la dette ?

Aujourd’hui, l’augmentation des dettes est de l’ordre de 10 à 15 points du PIB pour les pays européens. Si cette estimation est avérée, c’est moins grave qu’en 2008.

Les moyens peuvent être :

  • faire des économies de dépenses ;
  • la répression financière (inflation et/ou taux d’intérêt bas) ;
  • l’annulation des dettes (mais personne ne se risquera dans cette aventure au risque de provoquer un effondrement de l’économie) ;
  • vivre avec les dettes (mais cela oblige à faire de la répression financière pour toujours).

Attendons de découvrir les données qui seront publiées au 30 avril par l’Insee pour affiner un peu plus les analyses et les scénarios possibles.

lobbying8

Bonus

https://www.insee.fr/fr/accueil

https://ec.europa.eu/eurostat/fr/data/database

 

 

 

 

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