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Verbatim de la réunion publique du 22 septembre 2018 – Partie 1/2

Flyer

Comme nous nous y étions engagés, nous vous proposons la synthèse de la réunion publique du 22 septembre lors de laquelle a été dévoilée la synthèse de l’enquête citoyenne lancée au mois de mai par notre cercle de réflexion « Rebâtir Ensemble le Meilleur pour Lourdes ».

Afin que la lecture de ce verbatim ne soit pas trop fastidieuse, nous allons le scinder en deux parties distinctes :

  • La première reprendra les textes d’introduction et le diaporama illustrant la synthèse des réponses des participants au questionnaire ;
  • La seconde, quant à elle, sera consacrée à la synthèse des échanges lors du débat avec les participants.

Introduction de Marie-Agnès Staricky, Présidente.

« Bonsoir à toutes et à tous,

Merci à vous, de vous être déplacés ce soir alors que nous sommes un samedi, qu’il fait beau et chaud, et que juste à côté de tentantes buvettes sont installées.

Merci donc d’avoir eu le courage de venir à cette réunion publique. En effet, il s’agit bien d’une réunion publique ouverte à toutes et à tous. A ce sujet, je tiens à préciser que tous les représentants d’associations de commerçants ont été rencontrés et invités, une invitation a été adressée à tous les syndicats d’hôteliers ainsi qu’aux représentants des formations politiques présentes à Lourdes, sans oublier par courtoisie madame la Préfète et monsieur le Président de la Grande Agglo, dont comme vous le savez Lourdes fait partie.

A leur demande, je vous prie d’excuser l’absence de madame la Préfète, monsieur le Président de la Grande Agglo, madame la présidente du CCAL ainsi que madame l’adjointe au maire de la Ville de Lourdes en charge du Commerce.

Je dois également remercier la Ville de Lourdes pour la mise à disposition de cette salle dans ce lieu de rassemblements culturels et festifs de notre Cité qu’est le Palais des Congrès. Comme nombre de monuments de notre ville ce dernier a une histoire particulière. En effet, ancien Palais de Justice, ce bâtiment a su se transformer, se moderniser au fil des années et s’adapter à l’évolution des demandes. C’est pourquoi, il nous a semblé évident de vous y convier ce soir pour vous dévoiler la synthèse de notre enquête citoyenne consacrée à la redynamisation de notre centre-ville.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais tout d’abord vous présenter en quelques mots le cercle de réflexion « Rebâtir, Ensemble, le meilleur pour Lourdes » ou plus simplement « REM Lourdes » que j’ai créé avec quelques amis au début de l’année.

Créer un Cercle de Réflexion sous la forme d’une association à but non lucratif, c’est faire le choix d’un engagement indépendant, en dehors des structures politiques et des clivages, faisant fi des enjeux de pouvoir.

En son sein chacun est libre de s’exprimer pour qu’enfin soit replacé le débat sur le terrain des idées et non plus sur celui des ambitions politiques personnelles. Le tout dans le respect de notre charte éthique. Si vous le souhaitez, vous pourrez en découvrir le contenu, quelques exemplaires sont à votre disposition.

Notre association repose sur trois piliers fondamentaux :

  • comprendre,
  • anticiper,
  • préparer.

Nos mots clefs sont :

  • réagir,
  • débattre,
  • proposer,
  • partager en toute liberté.

Nous avons pour ambition de promouvoir et partager une réflexion avec le plus grand nombre, grâce à des travaux et des études pluridisciplinaires portant sur les grands thèmes du débat public local, national et international.

Au départ, je dois vous avouer que peu de personnes croyaient en notre projet, le qualifiant à souhait « d’inutile », « ça c’est peut-être bien à Paris mais ici à quoi ça va servir ! », « ça ne marchera jamais », ou pire encore « c’est bidon, ils se préparent pour les municipales ».

Mais grâce au soutien fidèle de nombreux citoyens concernés nous avons pu mener cette formidable aventure et nous avons connu, en neufs mois d’existence, de belles réalisations.

Notamment, en multipliant par cinq le nombre d’adhérents et de donateurs, en rédigeant plus d’une centaine d’articles sur des thèmes aussi variés que la Grande Agglo, la presse aujourd’hui, la laïcité, les mécanismes des crises financières, la réforme des retraites, le statut du cheminot, la crise au Vénézuela, l’Economie Sociale et Solidaire, la Permaculture, l’Economie circulaire, ou encore le projet Action Cœur de Ville…mais aussi en publiant une revue de presse hebdomadaire.

Je peux déjà vous l’annoncer, notre prochaine chronique sera consacrée aux élections européennes et au budget de l’Europe. Ces articles sont d’ailleurs tous disponibles, en accès libre, via notre site Internet. A ce jour, ils comptabilisent déjà 8 000 vues ! Preuve du grand intérêt que vous portez à ces thèmes issus du débat public, et que nous essayons de rendre plus accessibles.

Nous avons également développé un partenariat étroit avec le mouvement national « Les Engagés ! » dont Brahim Nogueira pourra vous parler, car c’est un mouvement pour les jeunes dont il est le représentant à Lourdes.

Enfin, en l’espace de quelques mois, nous avons rencontré lors de leurs déplacements dans notre région, trois membres du Gouvernement : Elisabeth Borne – ministre des Transports, Nicole Belloubet – garde des Sceaux, ainsi que Benjamin Griveaux, porte-parole du Gouvernement. Ces rencontres nous ont permis non seulement de faire connaître notre association et ses travaux mais aussi de porter la voix de notre territoire au plus haut de l’Etat.

Au niveau local, nous avons participé à des échanges avec les représentants des syndicats agricoles sur le thème de la permaculture, l’économie circulaire dans l’élevage, la méthanisation.

Enfin, à la suite de notre article consacré au Plan Action Cœur de Ville dans le cadre duquel, comme vous le savez, notre ville de Lourdes a été sélectionnée, nous avons lancé, en mai dernier, une enquête publique sur le thème de la redynamisation du centre-ville. Une enquête publique qui ne soit pas organisée par une municipalité, un parti politique ou encore un institut de sondage, ici à Lourdes, c’était un pari un peu fou.

En effet, à l’époque, nous étions loin d’imaginer que vous seriez aussi nombreux à y participer. Vous êtes très exactement 579 à avoir répondu à notre questionnaire en ligne. J’en profite pour remercier les participants qui sont peut-être présents ici ce soir, pour la qualité de leurs réponses lesquelles nous ont permis d’établir la synthèse que nous allons vous présenter.

A la suite de cette présentation, nous vous proposerons un temps d’échange.

Effectivement, nous souhaitons que cette rencontre soit un réel moment d’échanges spontanés et libérés. Aussi, nous veillerons à ce que chacun puisse s’exprimer librement.

Je passe maintenant la parole à Brahim Nogueira, notre vice-président et je vous souhaite, à toutes et à tous, une très bonne conférence. »

Intervention de Brahim Nogueira, Vice-président.

« Merci Marie-Agnès et bonsoir à toutes et à tous !

C’est un honneur de vous accueillir aussi nombreux ce soir au Palais des Congrès de Lourdes pour évoquer un thème ô combien important pour notre ville : celui de la redynamisation du centre-ville.

Comme l’a rappelé Marie-Agnès Staricky, cette rencontre est organisée par le cercle de réflexion REM Lourdes au sein duquel je m’implique en qualité de vice-président depuis sa fondation.

Pour me présenter rapidement je suis donc Brahim Nogueira et je suis un jeune originaire de Lourdes, actuellement étudiant.

Alors pourquoi ai-je décidé de participer à ce cercle de réflexion ?

Et bien, car d’autant que je m’en souvienne, j’ai toujours apprécié les rencontres et les débats citoyens qui permettent à mon sens une expression libre de différents modes de pensées et qui surtout, servent l’intérêt de notre ville.

C’est justement mon profond attachement pour Lourdes qui me conduit aujourd’hui à m’investir pleinement au sein de cette structure inédite afin de défendre et mettre en application les valeurs que je trouvais jadis nobles étant plus jeune et qui aujourd’hui me paraissent urgentes à réanimer dans notre cité.

Celles de la réflexion, de l’intelligence collective et du respect des personnes ainsi que de leurs opinions. En ce sens je crois bon de rappeler la citation de Jules Romain, écrivain et membre de l’Académie française qui énonçait la chose suivante :  « une démocratie c’est d’abord une façon de vivre, où les gens osent se communiquer les choses importantes et où ils se sentent le droit de parler comme des adultes et non comme des enfants dissimulés ».

Plus modestement, j’espère donc que l’initiative que nous portons collectivement permettra à nombre de nos concitoyens de s’impliquer plus activement dans la chose publique en débutant par échanger ce soir ensemble.

Pour être honnête avec vous, j’attendais cette soirée avec beaucoup d’impatience car je reste impressionné de la qualité des réponses que nous avons récoltées à notre questionnaire. Cela montre déjà que vous êtes nombreux à rester mobilisés, concernés et impliqués pour l’avenir de Lourdes.

C’est donc pour moi un véritable plaisir de pouvoir échanger avec vous et vous rencontrer plus longuement que lors de nos différentes opérations de tractage un peu partout en ville.

Pour évoquer le thème qui nous intéresse ce soir, à savoir la redynamisation du centre-ville de Lourdes, il n’aura échappé à personne que le cœur de notre ville est aujourd’hui mis à rude épreuve.

En ce sens, il n’est pas rare pour ne pas dire fréquent de parler de désertification des commerces du centre-ville ou encore de la fin des « petits commerces ». Il est donc urgent de dresser l’état des lieux de notre cœur de ville, un constat objectif et c’est pourquoi nous aurons l’occasion de revenir sur quelques chiffres qui illustrent les réalités économiques et sociales de notre ville. Mais au-delà de ce constat nécessaire, nous irons ce soir plus loin en associant votre parole, qui fut très riche à ce sujet.

Alors avant de débuter, il peut être intéressant de se questionner pour savoir comment finalement, nous en sommes arrivés là ? En d’autres termes, pourquoi l’attractivité originelle des cœurs de ville, puisque le problème que nous identifions ce soir tend à se généraliser un peu partout en France, s’effrite-t-elle aujourd’hui ?

A cette question, plusieurs réponses sont souvent apportées et, sans rentrer dans les détails, nous pouvons évoquer l’étalement urbain qui d’une certaine manière offre une nouvelle dynamique à nos territoires mais qui, inévitablement, déplace le point de gravité de nos villes vers la périphérie. On peut par exemple évoquer l’expansion des grandes surfaces en périphérie de notre ville, qui attirent beaucoup de clients et qui concurrencent directement notre cœur de ville.

D’ailleurs, un des facteurs d’aggravation de ce phénomène d’expansion urbaine fut sans doute la généralisation dans les années 70 de nouveaux moyens de locomotions : l’automobile qui est devenue accessible à un panel beaucoup plus large que lors des années et siècles passés. S’en est suivi un fort développement de nouvelles infrastructures routières pour porter ce nouveau flot d’habitants, de consommateurs etc.

Lourdes n’y échappe donc pas et sa géographie prouve, comme partout ailleurs, que l’extension se fait par la périphérie et les grands pôles voisins comme Tarbes ou même Toulouse.

Pour tirer son épingle du jeu, le tourisme continue d’être une solution clef mais suffit-elle pour autant ? Surtout dans un contexte où les nouvelles générations ceux qu’on appelle désormais les « millennials » ou encore « la génération Y », ont révolutionné les manières de consommer et sont à l’origine de profondes transformations de nos habitudes d’achats.

La solution a tous ces problèmes ne sera évidemment pas énoncée ce soir, ce serait beaucoup trop prétentieux de vous dire qu’avec un simple questionnaire nous avons réussi à établir un vaste plan pour redynamiser le centre-ville. Pour autant, il est indéniable que c’est en associant votre parole, vous qui êtes à la fois consommateurs, résidents, travailleurs et touristes lorsque votre temps vous le permet, que nous pourrons dégager une vision à 360° en éliminant toute forme d’idéologie politique, pour venir en aide à notre ville.

Ce travail collectif permettra je l’espère de faire dire à chacun : non, notre centre-ville n’est pas mort et de nouvelles voies d’engagements et d’actions permettront de remédier à la situation que nous connaissons actuellement. »

Diaporama

1 – Introduction

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2 – Présentation de la ville de Lourdes via les données de l’INSEE au 28 juin 2018

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3 – La vision et les propositions des 579 participants

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A suivre, la semaine prochaine, la deuxième partie de ce verbatim qui sera consacrée aux débats qui suivirent la présentation supra et qui ont duré quarante minutes.

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ACTUALITÉS & ÉVÈNEMENTS, Tout ce qu'il faut savoir

Tout ce qu’il faut savoir – Action Cœur de Ville – Inventons les territoires de demain

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Action Cœur de Ville

Inventons les territoires de demain

 

 

 

 

 

Alors que nous venons d’apprendre que, dans notre département des Hautes Pyrénées, Lourdes et Tarbes ont été retenues dans le cadre du plan du Gouvernement dénommé « Action Cœur de Ville », quelle est son origine ? en quoi consiste cette opération ? quels en sont les enjeux, les conditions de mise en œuvre ?

1/ Origines de ce plan

Ce plan est la conséquence de nombreux rapports et études, notamment le rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) et du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) sur la revitalisation commerciale des centres-villes d’octobre 2016, et l’étude de l’INSEE « Le commerce de centre-ville : une vitalité souvent limitée aux grandes villes et aux zones touristiques » de novembre 2016.

Ces analyses ont été complétées en février 2017, par les Assises de la revitalisation des centres-villes organisées par le ministère de l’Economie et des Finances.

Cependant, nul besoin d’être des experts pour voir un peu partout en France des centres-villes déserts, avec des commerces aux façades décrépies et des devantures fermées, des affiches « à vendre » ou « bail à céder » fleurissent dans les rues dites « les rues commerçantes », certains semblent même avoir été abandonnés. Il est à noter toutefois que ce déclin n’est pas seulement français mais peut être également constaté dans d’autres pays européens.

Ainsi, en 2012, on comptait 7% des commerces vacants dans les centres-villes quelle que soit leur taille. En 2017, on constate une augmentation avec 11% de boutiques vides ce qui signifie qu’un peu plus d’un magasin sur dix a fermé. Il est à noter que ce sont les villes moyennes qui sont le plus touchées.

Face à ce triste constat économique, social et urbanistique, le Gouvernement a décidé de lancer un programme, à la fois innovant et ambitieux, de revitalisation de ces espaces urbains ; programme dans lequel le commerce tient une place essentielle.

Dès le 17 janvier 2018, Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, a communiqué aux préfets le programme de l’opération « Action Cœur de Ville », programme qui avait déjà été exposé le 14 décembre par le Premier ministre lors de la deuxième Conférence nationale des territoires qui s’est tenue à Cahors.

C’est donc le 27 mars dernier que le ministre de la Cohésion des territoires, a annoncé officiellement le nom des 222 villes pré-sélectionnées qui pourront bénéficier du plan national « Action Cœur de Ville », il a en outre déclaré :

« J’ai la conviction que les villes moyennes sont un vecteur essentiel de développement de nos territoires. Elles concentrent 23% de la population française et 26% de l’emploi. Leur vitalité est indispensable car elle profite à l’ensemble de leur bassin de vie, et plus largement aux territoires urbains et périurbains environnants. Le cœur de ville, dans toute la diversité du tissu urbain français, est le creuset où se noue à la fois la vie civique, la vie économique, la vie sociale. Comme cela est fait dans le domaine de la politique de la ville avec le doublement du financement de 5 à 10 milliards d’euros, une action forte était indispensable pour les villes moyennes et leurs intercommunalités ».

Selon lui : « dès aujourd’hui, les communes peuvent engager la démarche, et mettre en œuvre leurs premières actions. Les partenaires de l’Etat, Caisse des Dépôts, Action logement et Agence nationale de l’habitat se sont mobilisés de concert pour être prêts à des financements conséquents au service des projets ».

2/ Objectifs de l’opération Cœur de Ville

Le Gouvernement souhaite « inventer les territoires de demain – les cœurs de ville de demain ». L’objectif est de permettre de rendre les centres des villes plus attractifs, plus dynamiques et ainsi permettre à une ville de retrouver un meilleur équilibre.

A la lecture des documents communiqués, il apparaît que l’objectif est double :

  • améliorer les conditions de vie des habitants des villes moyennes ;
  • conforter leur rôle de moteur de développement du territoire.

Ce double objectif repose sur le principe que si le cœur de la ville va bien, c’est l’ensemble de la ville qui va bien se porter. Le centre ville étant l’élément moteur et va même permettre à une ville de rayonner en dehors de ses murs.

3/ En quoi consiste ce plan exactement ?

C’est véritablement un contrat.

En effet, après avoir engagé la phase de préparation (printemps 2018), les communes participantes vont signer une convention-cadre (puis des avenants en fonction de l’évolution du projet). Ce contrat engage la commune (et son intercommunalité) et les partenaires du plan.

Le plan est mis en œuvre avec les collectivités territoriales. Toutefois, des partenaires, publics et privés, pourront s’investir dans ce programme, auprès des communes retenues.

Pour savoir quelles sont les villes concernées, vous pouvez suivre le lien ci-après :

http://www.centre-ville.org/wp-content/uploads/2018/03/Liste-222-villes-Action-coeur-de-ville.pdf

CarteCdV

Source : coeurdeville.gouv.fr

4/ Quels sont les moyens financiers mis à disposition et pour quoi faire ?

Quel budget ?

Plus de 5 Mds € mobilisés sur cinq ans se décomposant de la manière suivante :

  • 1 Md € provenant de la Caisse des Dépôts (en fonds propres) ;
  • 700 M € en prêts ;
  • 1,5 Md € en Actions logement ;
  • Et enfin 1,2 Md € de l’Agence nationale de l’habitat (Anah).

Pour quoi ?

  • Pour renforcer le pouvoir d’action des collectivités :

                    – 25 M€ provenant de l’Anah pour les chefs de projet des territoires

                    – 50 M€ de la Caisse des Dépôts consacrés à l’ingénierie

  • Pour réhabiliter les logements et améliorer leurs performances énergétiques :

                   – 1,2 Md € de l’Anah

  • Pour acquérir et réhabiliter des immeubles en centre-ville pour loger des salariés :

                  – 1,5 Md€ de l’Action logement

  • Pour développer une nouvelle offre commerciale en centre-ville et rééquilibrer les conditions d’implantation avec la périphérie.
  • Pour accompagner les commerçants dans la transition numérique et la mise en place de « e-services » de qualité.
  • Pour simplifier les démarches et centraliser les demandes de financement des projets.
  • Pour dispenser les commerces de demandes d’autorisation auprès de la Commission départementale pour s’implanter en centre-ville.
  • Et enfin, sera lancé un concours international invitant des architectes, des paysagistes et des designers à « Réinventer les cœurs de ville ».

5/ Quels sont les différents rôles des parties prenantes au projet de territoire ?

La gouvernance du programme est avant tout locale mais dans la mesure où le programme est mis en œuvre avec les collectivités territoriales en fédérant les partenaires, nationaux comme locaux, on peut dire sans hésiter qu’elle est partenariale. Mais qui fait quoi ?

Les communes et les intercommunalités :

Le maire, en lien avec le président de l’intercommunalité, pilote la réalisation des actions et préside le comité de projet installé dans sa commune. Il assure également la maîtrise d’œuvre du projet. Nous verrons en détail, dans un prochain paragraphe, les différentes étapes pour bénéficier du plan  « Action Cœur de Ville ».

Le Commissariat général à l’égalité des territoires :

Il coordonne l’ensemble et anime la mission nationale d’appui. Il anime le comité technique national (ministères et partenaires) et le centre de ressources.

Les services et agences de l’Etat :

Le Préfet recueille les expressions d’intérêt, coordonne les services et mobilise les moyens de l’Etat. Il anime le partenariat localement. Il assiste au comité de projet au sein de chaque commune et signe la convention pluriannuelle. Le préfet de région, les représentants régionaux des partenaires ainsi que le représentant du conseil régional forment le comité régional d’engagement.

Les partenaires nationaux et régionaux, publics et privés :

Ces derniers agiront concrètement dans les périmètres définis dans la convention, par des investissements nouveaux et/ou un renforcement de leurs interventions.

6/ Que se passe-t-il lorsqu’une commune a été sélectionnée ?

Première étape : la préparation (durée de un à six mois)

Etape de la préparation : réunir les acteurs et préparer la convention. Cette étape est marquée de plusieurs temps forts.

  • La préfiguration du Comité de projet en réunissant les élus et services de la commune et de l’EPCI, le référent pour l’Etat, les référents des partenaires nationaux (Anah, Caisse des Dépôts, Action Logement).
  • La cartographie des autres acteurs qui pourront participer à la réalisation de certaines parties du projet.
  • Ensuite se tient la première réunion du Comité de projet. A ce moment là, certains documents doivent être établis à savoir : la trame de la convention adaptée à la commune et de nombreux documents annexes tels que : les contacts clés, les contrats et dispositifs antérieurs et/ou encore en vigueur avec l’Etat et les partenaires, ainsi que les éléments de diagnostic existants.
  • Recrutement ou indentification d’un directeur de projet dédié.
  • Repérage des actions prêtes à être engagées dès 2018 et signalement de celles-ci aux partenaires.
  • Rédaction de la convention-cadre pluriannuelle.
  • Alors, le Comité de projet valide et transmet la convention au Comité régional d’engagement.
  • La convention-cadre est approuvée et signée.

Deuxième étape : l’action (durée de un à dix-huit mois maximum)

Après la préparation, il faut passer à l’action ou aux actions que l’on peut décomposer en deux temps celui de l’initialisation de la convention et celui du déploiement des actions.

Premier temps, celui de l’initialisation de la convention 

  • Mise en œuvre des actions prêtes à être réalisées en 2018 ;
  • Réalisation d’un diagnostic complet et des études nécessaires sur le périmètre délimité par la convention-cadre ;
  • Déclinaison détaillée du projet selon les cinq axes de travail (infra, nous vous les présenterons plus en détail) ;
  • Livrable : avenant à la convention-cadre incluant la stratégie du projet, le plan global de l’opération et le plan de financement.

Comme nous vous l’avons précisé précédemment, pour assurer cette revitalisation, chaque convention reposera sur cinq axes de travail, à savoir :

  • De la réhabilitation à la restructuration : vers une offre attractive de l’habitat en centre-ville ;
  • Favoriser un développement économique et commercial équilibré ;
  • Développer l’accessibilité, la mobilité et les connexions ;
  • Mettre en valeur les formes urbaines, l’espace public et le patrimoine ;
  • Fournir l’accès aux équipements et services publics.

Ensuite, le Comité de projet valide et transmet l’avenant au Comité régional d’engagement qui approuve le projet détaillé.

Puis vient le second temps, celui du déploiement des actions

Cette nouvelle étape peut se décomposer en trois temps :

  • La rédaction de fiches détaillant les actons nécessaires pour toute la durée du contrat ;
  • La signature des conventions financières avec les financeurs et les partenaires impliqués dans les actions qui ont été prévues ;
  • Le directeur du projet met en œuvre les actions validé en Comité régional ou le cas échéant, le Comité de projet et le Comité régional d’engagement.

Par cet article, nous avons essayé de vous donner quelques indications sur les objectifs, le contenu et les conditions de mise en œuvre de l’ « Action Cœur de Ville ». Nous avons également recensé pour vous, en essayant de le faire de la manière la plus synthétique et claire possible, les différentes étapes de la mise en œuvre de ce plan. Après la théorie, il y aura la mise en pratique et les résultats tant du point de vue urbanistique, social ou économique seront très certainement différents selon les communes.

Conclusion

« Cœur de Ville » a donc été élaboré en concertation avec l’Association des Villes de France, les élus locaux et les acteurs économiques des territoires.

Mais ce programme qui vise à faciliter et à soutenir le travail des collectivités locales, à inciter les acteurs du logement, du commerce et de l’urbanisme à réinvestir les centres villes, à favoriser non seulement le maintien ou l’implantation d’activités en cœur de ville, mais aussi d’améliorer les conditions de vie dans les villes moyennes, ne pourra rien sans la volonté de tous les acteurs.

En effet, à lui seul, il est indéniable que « Cœur de Ville » ne pourra pas restaurer la vie économique et sociale dans certains centres-villes. La volonté du Gouvernement ne sera à l’évidence pas suffisante, si elle n’est pas associée à la volonté de tous les acteurs au niveau de la commune (commerçants, associations des commerçants, syndicats socio-professionnels, conseil municipal, etc….).

En effet, pour réussir, il faut que tous les acteurs manifestent leur volonté de s’associer à ce plan en travaillant tous ensemble dans l’intérêt général et non, comme malheureusement, cela se produit souvent et dans de nombreuses communes, chaque association, défend son intérêt, chaque syndicat socio-professionnel son activité, d’aucuns sont pour la piétonisation tandis que d’autres sont farouchement contre, etc…le tout en oubliant l’intérêt général.

Aussi, au niveau local, il faudra réfléchir ensemble, se concerter, sans perdre de vue que l’objectif à atteindre et de redonner du souffle au centre de la ville et lui redonner vie d’un point de vue économique, social et patrimonial. Si tous ces éléments ne sont pas réunis, il y a fort à parier que, malgré tous les moyens et les supports du plan « Cœur de Ville », celui-ci sera voué à l’échec. C’est pourquoi, certaines communes réussiront là où d’autres, malheureusement, auront raté cette opportunité.

Bonus :

Quelques données relatives à la ville de Lourdes (sources : INSEE et Journal du Net) lesquelles varient en fonction du bien-être du centre-ville.

En 2016, le nombre de commerces et services aux particuliers à Lourdes

  • Epiceries                                                     14                  
  • Boulangeries                                              28                  
  • Boucheries, charcuteries                         20                  
  • Librairies, papeteries, journaux            11                  
  • Drogueries et quincailleries                      5                  
  • Banques                                                       11                  
  • Salons de coiffure                                      36
  • Garages, réparation automobile             24                  
  • Electriciens                                                  15                  
  • Restaurants                                               103
  • Maçons                                                         18

Soit 35,2% de commerces (contre 11,1% pour la moyenne des villes) et 63,9% de services aux particuliers (la moyenne des villes étant de 88,5%).

L’immobilier subit lui-aussi les influences de la santé du centre de la ville, au cours du second trimestre 2017 le prix du m² médian était de 980€ contre 1300€ dans l’ensemble des Hautes Pyrénées.

Selon le site www.procedurescollectives.fr, on a pu dénombrer à Lourdes, entre 2012 et mars 2018 :

  • 69     procédures de liquidation judiciaire
  • 8       procédures de redressement judiciaire
  • 8       procédures de sauvegarde

Pour lesquelles, 11 clôtures de liquidation et 2 clôtures de redressement.

Pour en savoir plus :

http://vod.assemblee-nationale.fr/video.5696913_5aaa6c37a64e0.mission-d-evaluation-et-de-controle–programmes-de-renovation-urbaine-15-mars-2018

https://www.entreprises.gouv.fr/coeur-de-ville

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2497068?sommaire=2497179

http://www.midilibre.fr/2018/03/28/24-villes-d-occitanie-dans-le-plan-action-coeur-de-ville,1647663.php

http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/03/27/revitalisation-des-centres-villes-le-gouvernement-selectionne-222-villes-moyennes_5276939_3224.html

http://www.lourdes.fr/images/1-Menu/Economie-Emploi/commerces/1-Strat%C3%A9gie_commerciale_1.pdf