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Tout ce qu’il faut savoir – Elections européennes 2019 (Partie 5/5)

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Tout ce qu’il faut savoir – Les élections européennes

(Partie 5/5)

 

Notre chronique touche à sa fin avec cette dernière partie consacrée à une partie de prospective politique : que se passerait-il si les élections européennes avaient eu lieu cette année ? quelles têtes de listes ? que pensent vraiment les Français de l’Europe ?

Et si les élections avaient eu lieu fin juin 2018 ?

La liste de La République En Marche arriverait en tête du scrutin avec 20 % des intentions de vote, devant le Rassemblement national (17 %) et LR (14 %), France Insoumise (10 %), les listes du Parti socialiste, d’Europe Écologie Les verts et de Debout la France chacune à 6 %. Quant à Générations, la liste du mouvement de Benoît Hamon arrive à 3 %, celle du PCF et la liste UDI/Agir toutes les deux à 2,5 %.

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Source :  Sondage Ifod-Fiducial du 29 juin 2018

Pas de grands changements fin août. Ainsi que cela peut être constaté avec la tendance au 5 septembre (sondage Ifop pour Paris Match, CNews et Sud Radio). Ainsi, La République en Marche et le Modem : 20 % arrive en tête devant le Rassemblement national : 17 % ; Les Républicains : 15 % ; La France Insoumise : 14 % ; EELV : 7,5 % ; Debout la France : 6,5 % ; Parti socialiste : 6 % ; Générations : 3 % ; UDI : 2,5 % ; PCF : 2 % ; NPA : 2 % ; Les Patriotes : 1 % et l’UPR : 0,5 %.

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Il faut toutefois faire attention aux résultats de ces sondages dans la mesure où, à ce jour, les têtes de liste ne sont pas encore toutes connues et il y a fort à parier que les prochains seront légèrement différents,  influencés par l’actualité politique et économique tant en France que chez ses voisins.

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Quelles têtes de liste ?

A sept mois des élections européennes, les principales formations politiques du pays sont toujours en recherche active de candidats pour les représenter à la prochaine échéance électorale. En effet à part La France Insoumise qui a présenté récemment ses chefs de file dans le binôme formé de Charlotte Girard et de Manuel Bompard, les autres principaux partis du pays semblent être en difficulté pour arrêter leur choix sur des candidats. Pourtant ce scrutin représente deux enjeux majeurs pour les partis.

Premièrement, il s’agit de continuer d’incarner un renouvellement des personnalités qui les composent en proposant des listes avec des candidats issus de la société civile ou avec un passé politique assez court. Sur ce point, La République en Marche ne devrait pas éprouver de difficultés, ses effectifs étant principalement issus de la société civile et de personnalités assez jeunes. Circulent ainsi en ce moment pour le parti présidentiel les noms de Thomas Pesquet ou encore de ministres et de secrétaires d’état comme Brune Poirson, Marlène Schiappa, même si ces rumeurs restent à confirmer et ne sont pour l’instant que des spéculations.

Les partis plus traditionnels semblent cependant éprouver certaines difficultés sur ce point. Chez les Républicains par exemple, certaines candidatures ont déjà été déposées pour obtenir cette place de « tête de liste », il s’agit cependant de personnalités qui ne représentent pas pour les militants le renouvellement à l’image de Nadine Morano. Pour le Parti Socialiste et le Rassemblement National, les derniers revers électoraux qu’ont subis ces formations ne les mettent pas en bonne position sur ce point, leurs effectifs ayant été amputés en partie notamment pour le PS. Pour rappel, ce dernier avait réalisé un score extrêmement bas aux dernières présidentielles, recueillant un pourcentage de voix d’à peine 6 %. Alors s’en était suivit un morcellement de ce parti emblématique avec des personnalités préférant créer leur propre parti, à l’image de Benoît Hamon et son nouveau parti « Générations », ou encore de fuites vers la France Insoumise et de rapprochements plus ou moins contrôlés de personnalités du PS avec la formation à l’image d’Emmanuel Maurel, ancien candidat au poste de Premier secrétaire du PS que l’on a d’ailleurs pu apercevoir à Marseille lors de l’université d’été de la France Insoumise.

Michel Barnier, actuellement en charge des négociations entre la Commission européenne et l’Angleterre pour le Brexit est, dans cette optique, un candidat convoité par les partis de la République en Marche et des Républicains. Ce dernier aurait, selon certains comme ambition de devenir le prochain président de la Commission européenne ce qui pourrait alors guider son choix entre les deux partis, l’un étant membre du groupe majoritaire en place au parlement (le PPE) et l’autre nouveau dans le paysage politique. Si le français devait devenir le prochain président de la Commission et qu’il avait été, par exemple, choisi par les Républicains comme tête de liste, cela aurait un impact important sur le paysage politique français. Les partis ont cependant pour l’instant du mal à aligner des profils en vue de ces élections. 

Pourtant, trouver des candidats crédibles face aux nouvelles attentes de l’électorat pour le scrutin du 26 mai 2019 est aujourd’hui très important pour ces formations, du fait de l’enjeu électoral exceptionnel que commencent à revêtir ces prochaines européennes. Il s’agira pour les partis d’obtenir un score maximal à cette élection du fait de l’impact qu’elle aura sur la politique française dans le futur.

D’une part, comme indiqué précédemment, le fait de passer à une liste nationale unique pour chaque parti aura pour effet de politiser cette élection, ce qui lui donnera plus de valeur et palliera peut-être son désintérêt croissant pour l’instant exprimé par les électeurs envers cette dernière. Il s’agit alors pour les partis d’aligner des candidats aux Curriculum Vitae solides, et de ne plus considérer « Les élections européennes comme la seconde division de la vie politique nationale ou l’on y envoyait les défaits des scrutins passés ou les membres un peu encombrants des familles politiques.», comme le remarque le député Pieyre-Alexandre Anglade. L’Europe prenant une place de plus en plus grande dans les débats politiques et dans les prises de décisions au niveau des États, les propos du député semblent être justifiés. 

D’autre part, cette élection sera une échéance décisive pour la majorité au pouvoir et les partis d’opposition. Emmanuel Macron ayant chamboulé massivement la vie politique française après son élection, il s’agira pour La République en Marche d’asseoir un peu plus son influence sur la politique française en ayant pour objectif de conquérir de 25 à 30 sièges au Parlement européen sur les 79 disponibles pour la France après les élections de 2019. A l’inverse, l’enjeu pour les partis d’opposition sera d’infliger une première défaite électorale au parti présidentiel, ce que certaines formations politiques ont déjà annoncées s’engager à faire à l’image de La France Insoumise et de son leader Jean-Luc Mélenchon à travers des propos assez forts, fidèle à lui-même : il parle d’infliger au Président de la République une « raclée démocratique ».

En outre, un nouveau risque se profile avec la coalition populiste qui est en train de s’ancrer dans le paysage européen (Salvini, Orban, Le Pen) qui constituera également un défi majeur de cette élection. Un débat entre pro-européens et eurosceptiques, entre progressisme et populisme, etc…

Les européennes se présentent donc comme une échéance électorale déterminante pour l’ensemble du paysage politique français.

Pour conclure notre chronique, qui nous l’espérons vous aura permis d’affiner vos connaissance sur le fonctionnement des élections européennes et de comprendre l’enjeu important de celles à venir auquel s’ajoutent les difficultés de fonctionnement liées au « divorce » entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Même s’il y fort à parier qu’il y aura un accord dans la mesure où à ce jour près de 90 % de l’accord de retrait est entériné (168 articles, 3 protocoles). La deuxième étape est plus difficile, les difficultés étant d’ordre technique, juridique, financier et politique avec le sort des étrangers (dont de nombreux français) qui travaillent au Royaume-Uni ou des citoyens du royaume qui travaillent en Europe (Quid du droit de résidence, des droits sociaux, du droit des retraités, etc…) à cela s’ajoute l’épineuse question irlandaise, il faut rappeler qu’à ce jour la frontière du marché européen passe au milieu de l’île ! Comment faire, pas si simple.

Autre problème lié à la montée du populisme. Et à ce sujet le débat sur les européennes s’intensifie au fur et à mesure que des populistes remportent des victoires.

Enfin, un problème budgétaire que l’on sentait poindre lors des derniers échanges de la mi-octobre et confirmé le 23 octobre : pour la première fois de son histoire, la Commission européenne a rejeté un budget, celui de l’Italie dont la dette est de 130 % du PIB. Pour mémoire celle de la France est de 100 % du PIB quant à celle du Japon atteint les 250 % !

Enfin, si vous le souhaitez, vous trouverez infra un lien vers un sondage réalisé par l’Institut Montaigne sur la question : Que pensent les Français de l’Union européenne ?

https://www.institutmontaigne.org/blog/sondage-les-francais-et-lunion-europeenne

Dès la semaine prochaine, nous vous proposerons d’entrer au cœur du budget européen, qui comme vous le savez, a récemment été mis à mal.

BONUS

  • La Turquie et les élections européennes

https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/07/30/viktor-orban-se-pose-en-recours-contre-emmanuel-macron-en-vue-des-europeennes_5337453_3214.html

  • Les tendances

https://www.touteleurope.eu/actualite/elections-europeennes-quelles-tendances-a-moins-d-un-an-de-l-echeance.html

  • Avec qui vont s’allier les Français ?

http://www.lepoint.fr/politique/elections-europeennes-avec-qui-vont-s-allier-les-francais-24-05-2018-2221081_20.php

  • Discours d’Emmanuel Macron à la Sorbonne le 26 septembre 2017

http://www.elysee.fr/declarations/article/initiative-pour-l-europe-discours-d-emmanuel-macron-pour-une-europe-souveraine-unie-democratique/

  • Listes transnationales

http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/listes-transnationales-le-parlement-europeen-dit-non-a-macron-07-02-2018-2193131_1897.php

http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/elections-europeennes-le-casse-tete-des-listes-transnationales-23-01-2018-2189020_1897.php

  • Abstention

https://regardseuropeen.org/2018/06/12/elections-europeennes-2019-labstention-pour-seul-horizon/

  • Elabe

https://elabe.fr/

  • Le Parlement européen et les Conservateurs

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/02/13/parlement-europeen-le-coup-d-etat-permanent-des-conservateurs_5256250_3232.html

  • La Gauche aux Européennes de 2014

https://www.touteleurope.eu/actualite/l-extreme-gauche-aux-elections-europeennes-2014.html

  • Après le Brexit

https://www.taurillon.org/apres-le-brexit-les-sociaux-democrates-ne-peuvent-plus-pretendre-a-la